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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:34

Vendredi soir : petit coup de téléphone à un gardien de refuge pour connaître les conditions dans la face nord des Agneaux où nous avons prévus d’aller. Les conditions de neige ne sont pas extras et en plus l’isotherme 0°C est à plus de 4000m d’altitude. Décidément, il n’y aura pas beaucoup de courses de neige cet été ! Nous irons donc ce WE au Glacier Blanc et au refuge du même nom pour de l’alpinisme en rocher.

Après 1h30 de route nous arrivons (Olivier et Théo) au pré de Mme Carle. Il est minuit. On plante le bivouac en 2 min et on se couche. Levé à 5h00, départ vers 6h00, nous montons à petit pas le sentier (on ne croise personne) en direction de l’objectif du jour : la traversée de l’arête sud des Cinéastes jusqu’à la 6ème et plus haute pointe. C’est la voie la plus classique pour escalader la Pointe des Cinéastes qui culmine à 3203m. La cotation est donnée AD (Assez Difficile) dans les bouquins avec un engagement II. Les passages les plus délicats sont côtés III et IV. L’équipement en place est dit « classique », cependant seulement une poignée de pitons jalonnent l’itinéraire, autant dire qu’il ne faut surtout pas dévisser.

L’arête des Cinéastes vue de profil, une escalade variée et magnifique

L’Arête des Cinéastes depuis le Sud, escalade aérienne


Nous arrivons au refuge du Glacier Blanc (2542 m) pour déposer le matériel inutile pour la course : il est 8h00. Petit casse-croûte et nous partons rejoindre « les cinéastes ». Du refuge du Glacier Blanc, il faut remonter le sentier du col du Monêtier sur environ 500m puis se diriger vers le nord (à gauche) pour remonter une moraine en direction des contreforts Ouest de la Pointe des Cinéastes. A ce moment rejoindre une vire à l’aplomb du sommet principal (quelques traces de passage).

Nous commençons par rejoindre la première brèche en corde tendue (anneaux de buste, etc.) en longeant une grande vire puis en remontant facilement un large couloir, aucune difficulté après le ressaut de départ.

Départ de l’itinéraire


Une fois à la brèche séparant la première pointe (qu’on n’escalade pas) à la seconde, on s’engage dans la traversée de l’arête. Les choses sérieuses débutent… Nous gravissons corde tendue le fil de l’arête (plutôt côté droit, 1 piton, III) jusqu’au sommet de la deuxième pointe.

En corde tendue à l’approche de la 2ème pointe


On descend dans la seconde brèche puis nous suivons une vire et des fissures ascendantes en oblique, c’est le passage le plus délicat équipé de deux pitons. La cotation est III puis IV, mais franchement c’est plus difficile (plutôt V à mon avis). Nous rejoignons alors le pied du dièdre qui mène à la troisième pointe. Théo s’élance en grosses dans le toit, un pas un peu adhérence (III+ pas évident) assez exposé puis c’est le dièdre en III. Je passe beaucoup plus facilement en chaussons assuré par Théo qui a confectionné un relai sur la plate-forme en haut du dièdre.

La troisième pointe est à l’horizon, on voit très nettement le toit vers lequel il faut se diriger

Le piton protégeant le passage du toit

Troisième pointe de l’arête des Cinéastes


La vue est splendide sur le Glacier Blanc, la Barre des Ecrins et en toile de fond le Pelvoux, le Pic Sans Nom et les Ailefroide.

Vue sur le Glacier Blanc


La vue est imprenable sur le Pelvoux, le Pic sans Nom, l’Ailefroide et le Pic Coolidge (de gauche à droite)

Nous désescaladons jusqu’à la brèche suivante et nous décidons de contourner les 4ème et 5ème pointes par la gauche (vire évidente) car le mauvais temps semble se préciser. Il suffit de gravir alors la sixième pointe plus raide mais facile avec de bonnes prises.


Escalade de la 6ème pointe qui culmine à 3203m

La vue est superbe, il n’y a personne, c’est vraiment plaisant.

L’enchaînement des 6 pointes vues depuis le sommet de la 6ème pointe

Au sommet

Nous effectuons plusieurs rappels successifs à renforcer si nécessaire (de 25m au maximum donc un brin de corde de 50m suffit pour cet itinéraire) pour descendre dans la brèche suivante dans un premier temps puis dans le couloir sur le versant Est. On pose alors pied sur les vestiges du glacier Tuckett. Bilan : 3h 30 d’escalade depuis le départ y compris les rappels.


Le second rappel depuis la brèche

En 30 minutes, nous rejoignons le refuge du Glacier Blanc par les névés puis le sentier de départ. Il est 14 heures passé, repos mérité. 2h plus tard, des trombes d’eau s’abattent.

Pour cet itinéraire, il est utile d’avoir plusieurs sangles (de 120 cm c’est assez pratique) pour confectionner des protections autour de becquets, 2-3 coinceurs, 2-3 friends moyens et quelques dégaines. C’est une course vraiment intéressante, variée avec une marche d’approche réduite donc elle se fait aisément en une journée. C’est une course à réaliser absolument dans le massif des Ecrins et en plus elle n’est pas très longue, avec un dénivelé raisonnable et n’exige pas un sens de l’itinéraire. Le rocher est de qualité très souvent, se méfier sur certaines portions. L’arête faitière compte 9 pointes, il est possible de continuer sur les pointes suivantes.

J’avais choisi de grimper en chaussons pour être plus à l’aise, par contre ça fait 2 kg de plus dans le sac. On peut se passer d’un piolet pour la descente à mon avis, un bâton de marche suffit.

Bonne escalade si vous décidez d’aller sur « la croisière » voir les cinéastes… Pour nous deux, ce sera l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc demain (cf. article Pic du Glacier Blanc, arête Sud).

 

Olivier & Théo

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Published by Oliv et Aurel - dans Alpinisme Ecrins
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