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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:36

L’ascension de l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc s’imposait de façon logique après la traversée réussie de l’arête des Cinéastes le jour précédent (cf. article Pointe des Cinéastes). Cet itinéraire est côté Assez Difficile, l’engagement est II, les passages les plus difficiles sont donnés IV mais l’escalade est le plus souvent dans le II et le III. Le dénivelé de l’arête est d’environ 300m mais le développement à parcourir est assez important.

Pic du Glacier Blanc : Itinéraire de l’Arête Sud


Levé matinal au refuge du Glacier Blanc, mais nous prenons notre temps et surtout avalons un maximum de tartines pour tenir la journée. Pas la peine de se presser, il faut attendre que les rayons du soleil éclairent le bas de l’arête pour débuter l’escalade, sinon c’est la caillante assurée pour les mains. Heureusement la face où débute l’escalade est exposée à l’Est donc dès 7h30 on peut escalader à cette époque de l’année. Départ du refuge vers 5h30, à 8h00 nous sommes prêts pour débuter le dièdre fissuré. Patience nous ne sommes pas seuls aujourd’hui, 2 autres cordées s’engagent sur le même itinéraire. Le très beau temps annoncé en ait peut-être la raison.

Théo s’élance dans le dièdre (bien facile à repérer) en IV qu’il escalade sur 15m environ (2 pitons), traverse à gauche puis continue dans un petit un mur assez aérien, ça met d’entrée dans l’ambiance ! Il longe alors le fil de l’arête jusqu’à une petite terrasse. C’est idéal pour faire un relai sur becquet et c’est à mon tour de partir le rejoindre. L’ambiance est vraiment sympa dans cette longueur pas trop difficile sur un rocher de qualité.

Le départ de l’itinéraire : dièdre en IV et arête en III bien exposés au soleil du matin


Nous continuons quelques mètres sur le fil de l’arête puis rejoignons de grandes vires qu’on parcourt assez longtemps corde tendue (elles permettent de contourner plusieurs gendarmes) jusqu’à une pointe bien marquée.

Les vires versant Est de l’arête


Quelques passages aériens en III sont présents avant d’escalader la pointe qui termine ses vires.

Concentration de tous les moments sur ces passages aériens


Il faut passer légèrement côté Ouest à l’ombre avant de rejoindre le fil de l’arête. Nous escaladons en corde tendue en passant la corde derrière des becquets rocheux ou en plaçant une protection lorsque la difficulté l’exige. Puis nous effectuons une courte désescalade aérienne jusqu’au rappel.

L’escalade avant le premier rappel


Après être descendus dans la brèche par le rappel de 25 mètres, nous escaladons en oblique sur une environ 20m sur des dalles en III+ (relai possible sur la droite à la sortie).

La partie en dalles après la brèche


Nous reprenons alors l’escalade corde tendue sur le fil de l’arête jusqu’à rejoindre le sommet du gendarme. Cette partie est vraiment intéressante. On arrive au second rappel de 15 m cette fois-ci.

Le rappel


Nous avons rattrapés la cordée nous précédant, c’est l’occasion de contempler le cirque du Glacier Blanc et les sommets alentours. Le cadre est majestueux.

Le Glacier Blanc et la silhouette si connue de la Barre des Ecrins, au second plan on aperçoit le Pic Sans nom

Les Agneaux (à gauche), le Pic des Pavéous au centre et le Clocher de Clouzis au fond contemplés depuis l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc


L’escalade est moins soutenue ensuite mais l’ascension n’est pas encore terminée ! Nous tirons une longueur de 50m depuis la brèche en partant vers la gauche dans un système de fissures. La fatigue des 2 jours commence à se ressentir nous avons préféré s’assurer correctement sur ce passage.



Ensuite, nous contournons des gendarmes par des vires versant Nord-ouest et des ressauts en rocher très moyen, il faut rechercher l’itinéraire dans cette dernière partie. Ça passe à plusieurs endroits, Théo choisit de passer là où le rocher est le plus stable. On s’assure corde tendue le plus souvent. A un moment donné on rejoint l’arête, nous contournons délicatement un gros bloc par la gauche (1 piton) et c’est le sommet dix mètres plus loin. Délivrance après 4h d’escalade.

Dernier mouvement d’escalade pour Olivier avant la sortie au sommet


Chacun à droit à sa photo souvenir sous le soleil de plomb et le ciel bleu.

Théo & Olivier au sommet du Pic du Glacier Blanc


Nous entamons la descente par l’arête Est (petit sentier) puis rejoignons une selle neigeuse (crampons au pied) en direction du col du Glacier Blanc.

Un sentier marqué par des cairns descend dans des éboulis et rejoint une grande pente que nous traversons puis descendons en appuyant sur la gauche (descente d’un pierrier). Le cheminement jusqu’au Glacier Blanc est alors évident. Après 2h de descente nous sommes bien contents de retrouver la terrasse confortable du refuge… Bilan : 9h refuge à refuge.


L’escalade de l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc est un souvenir inoubliable, la vue sur les alentours est à couper le souffle, la tranquillité est assurée et surtout le rocher est bon dans l’ensemble. L’enchaînement Arête des Cinéastes – Arête Sud du Pic du Glacier Blanc que nous avons fait nous a permis d’augmenter notre vécu dans ce genre de terrains si particulier que sont les arêtes. Ces courses sont l’occasion d’alterner les manières d’être encordés et de se protéger suivant la difficulté rencontrée. Donc il faut prévoir au moins 4 sangles, 2-3 coinceurs (petits à moyens), 2-3 friends et 4 à 5 dégaines pour cet itinéraire. Cette course requiert un sens de l’itinéraire plus important que pour l’arête des Cinéastes, l’Aiguille Dibona ou Tour Choisy. La cotation est normale.

 

Olivier & Théo

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Published by Oliv et Aurel - dans Alpinisme Ecrins
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