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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 20:11
Une seconde ascension dans le secteur du refuge Adèle Planchard s’annonçait comme logique pour rentabiliser l’effort fourni pour monter au refuge. Après l’ascension réussie de Tour Choisy (cf. article Tour Choisy), nous hésitons entre parcourir l’arête sud de la Pointe Brevoort et escalader Tour Carrée de Roche Méane. Finalement, nous décidons de partir pour Tour Carrée pour ne pas reparcourir la même marche d’approche et bénéficier d’un point de vue différent.

L’escalade de Tour Carrée de Roche Méane (3675m) par la voie du Plan Incliné est côté AD avec un engagement II. La hauteur de l’itinéraire est de 300m et présente des styles d’escalade variés : dalle, traversée, cheminée et arête. L’escalade est de difficulté 3 le plus souvent et 4b au plus difficile (4b à l’ancienne !).

Le matériel requis reste identique à celui de Tour Choisy, quelques pitons jalonnent le plan incliné, la traversée et le couloir du « Mauvais Pas ».

Tour Carrée de Roche Méane avec le Plan Incliné à gauche

Nous partons à 6 heures le matin, nous rejoignons le pied du plan incliné facilement repérable depuis le glacier Supérieur des Agneaux. Nous laissons sur une petite terrasse tout le matériel inutile pour la suite : crampons, piolets et bâtons de marche. A 7 heures, nous débutons les choses sérieuses.
L’escalade du Plan Incliné est effectué en trois longueurs jamais difficiles sauf pour la sortie qui s’effectue dans un surplomb dominant une petite cheminée Un pas de 4b protégeable nous oblige à s’appliquer pour passer sans s’emmêler les pinceaux. Les relais s’effectuent sur des cordelettes à renforcer si besoin.
 Le plan Incliné commence à être éclairé par les rayons du soleil

Olivier à la sortie du surplomb

Nous continuons alors corde tendue par un petit ressaut permettant de rejoindre l’arête courte et facile. Au bout de l’arête nous descendons légèrement pour rejoindre le centre du grand couloir. Nous le gravissons par un éperon de rochers brisés jusqu’à la brèche Romantique (3618m).
Le plus compliqué est de tester la solidité des rochers et d’éviter les chutes de pierre assez fréquentes. Ce passage est assez pénible, nous ne nous y attardons pas. La brèche offre une superbe vue sur la Meije et le Pic Gaspard.

Les faces sud du pic du Glacier Carré, du Grand pic de la Meije, du Doigt de Dieu, de la Meije Orientale, du Pavé et du Pic Gaspard (de gauche à droite) vues depuis la brèche Romantique

Nous débutons la traversée en face sud. Le premier pas d’escalade délicat est assez impressionnant mais il y a un piton pour clipper une dégaine. Nous continuons la progression mais nous ne prenons pas exactement le bon itinéraire. Cette variante nous oblige à un pas difficile en adhérence, et en plus notre relais sur coinceurs n’est pas tiptop. Théo est satisfait de pimenter un peu la course…
Olivier sort de la variante, il y a du gaz dessous…

Nous continuons la traversée jusqu’à un cairn qui marque le départ du couloir menant au sommet. Théo s’élance dans le couloir du « Mauvais Pas » et rejoint son sommet, l’escalade est soutenue à priori. A mon tour, je confirme que le 4b est bien serré mais ça vaut le coup d’être là-haut. Le passage du « Mauvais Pas » est « technique ».
Théo escalade le couloir final Pour rejoindre le sommet


Nous passons à droite et grimpons sur l’arête par un pas assez aérien. La voie normale passe à gauche selon toute vraisemblance mais à droite ça passe donc aussi. Nous traversons chacun notre tour l’arête jusqu'au premier rappel de descente. L’arête est splendide, effilée, perchée au dessus de l’austère face nord.
Nous avons tiré une longueur de 50 mètres. Il faut être prudent pour enjamber les gros blocs qui sont parfois instables. Concentration de rigueur après plusieurs heures d’escalade !

Olivier en équilibriste sur l’arête de Tour Carrée de Roche Méane

Nous effectuons 4 rappels successifs à renforcer si nécessaire pour rejoindre dans un premier temps le couloir menant à la brèche. On peut descendre en rappel dans celui-ci ou le désescalader. Puis nous desescaladons l’arête (facile) chacun à son rythme et rejoignons le départ par des rappels dans le plan incliné.

Théo au retour sur l’arête dominant le plan incliné

En 30 minutes, nous rejoignons le refuge Adèle Planchard par le glacier.

Pour l’ascension de Tour carrée de Roche Méane, il est nécessaire d’avoir au minimum des sangles avec mousquetons, 3 coinceurs mécaniques, un jeu de dégaines et le matériel classique (corde 2X50m).
La course est d’un intérêt moyen pour sa beauté mais elle est assez formatrice à mon avis pour l’utilisation de la corde et la diversité du terrain de jeu. Le rocher est globalement bon, l’itinéraire pour arriver au sommet est astucieux et la petite arrête sommitale réserve une belle surprise. Ce jour-là, nous étions seuls, un zest d’aventure nous à accompagner durant la course, bien loin des multiples cordées arpentant la voie normale de la Grande Ruine.

Bilan : 1h d’approche, presque 5h d’escalade (nous avons été lents), 3h30 pour les rappels et le retour au refuge. J’avais choisi de grimper en chaussons pour être plus à l’aise et en plus j’ai pu laisser les chaussures d’alpinisme au départ de l’itinéraire. Théo a grimpé en grosses sans souci.


Tour Carrée de Roche Méane vue au retour depuis le Plan de l’Alpe au bord de la Romanche

Olivier & Théo

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Published by Oliv et Aurel - dans Alpinisme Ecrins
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