Ascensions Massif Ecrins

Mercredi 30 septembre 2009

La montée au refuge de l’Aigle est si longue qu’une deuxième ascension s’imposait après celle réussie au Pic Central de la Meije le jour précédent (cf. article Doigt de Dieu ou pic central de la Meije). Nous allons ainsi profiter de la superbe météo pour gravir le fil de l’arête menant au sommet oriental de la Meije.

L’ascension est techniquement facile mais demande de l’aisance (engagement IV il me semble) et un assurage corde tendue efficace pour progresser rapidement. La cotation est F (facile) mais les conditions varient selon l’enneigement, plutôt PD à cette époque de l’année. Peu de matériel est nécessaire pour cette ascension, un brin de corde est suffisant, un piolet et des jambes « affutées »… Nous partirons donc légers, c’est agréable pour abattre les presque 500m de dénivelée séparant le refuge du sommet culminant à 3891m.

 

Après une soirée animée au refuge, nous sommes bien seuls à partir ce matin-là, tout le monde dort ! Cooker est descendu dans la vallée et Aurélien a besoin de repos. La cordée Théo-Olivier est reconstituée. Il est 6h30, nous partons du refuge pour rejoindre le glacier et le pied de l’arête. Le levé de soleil est grandiose.

La haute-montagne c’est aussi un jeu « d’ombres et de lumières »

 

Après 45 min, nous sommes à la rimaye, elle est peu ouverte et facilement franchissable (même en cette fin d’été). Nous allons suivre l’itinéraire suivant :

Itinéraire d’ascension de la Meije Orientale ce jour-là, les passages en rocher peuvent être à priori franchis différemment lorsque l’enneigement est plus important

 

Nous gravissons la courte pente assez raide en corde tendue, rien de difficile mais il faut un cramponnage fiable car la glace est bien apparente (vous pouvez éventuellement vous assurez plus solidement si vous en sentez le besoin). Nous suivons la large arête jusqu’au premier ressaut rocheux que nous gravissons au mieux par la gauche (versant Est) au départ dans des rochers stables puis par une traversée à droite en mixte sur du rocher plus délité. L’assurage se fait à l’épaule lorsque cela est nécessaire.

Départ de l’arête

Premier ressaut en rocher, l’escalade est facile mais en mixte le plus souvent

 Nous descendons dans une petite brèche avant de récupérer à nouveau le fil de l’arête qui devient de plus en plus étroit jusqu’au deuxième ressaut rocheux. L’assurage s’effectue en étant très proches l’un de l’autre, le premier de cordée tient d’une main ferme la corde pour parader toute erreur du second. Nous progressons rapidement dans le second ressaut rocheux (un piton en place) et arrivons sur la partie terminale très esthétique.

La partie finale de l’ascension

Il est à peine 8h30, nous sommes au sommet de la Meije Orientale pour profiter de la vue sur le Doigt de Dieu et sur les Ecrins que nous avons bien explorés cet été.

Panorama sur le massif des Ecrins au sud

Clin d’œil à la dernière ascension

 

Après presque 30 minutes à contempler les alentours, nous entamons la descente. Il ne faut pas trop attendre avant que le soleil ne rende la descente trop délicate. Nous descendons toujours face à la pente l’arête en neige, c’est rapide mais il faut être prudent et bien planter les 12 pointes. Les rochers se désescaladent facilement par le même chemin qu’à la montée (possibilité de s’assurer au passage le plus raide du dernier ressaut rocheux, ne pas utiliser de rappel).

 

Il est 10 heures nous sommes presque à nouveau sur le glacier. Aurélien nous observe depuis le refuge.

La cordée photographiée depuis le refuge de l’Aigle

 

Nous descendons jusqu’à la rimaye face à la pente l’un derrière l’autre, à vous de choisir votre technique d’assurage selon votre aisance dans ce genre de terrain.

Nous rejoignons le refuge après une ascension vraiment plaisante, seuls sur l’arête.

 

 

L’ascension de La Meije Orientale est incontournable vue sa beauté, elle est plus facile que celle du pic Central de la Meije mais demande d’être rapide avant que la neige de surface fonde et rende plus difficile la descente. Nous avons mis 2 heures à la montée et 1h30 à la descente sans jamais se presser. La course est donc assez courte. L’habitude de grimper avec Théo a facilité à nouveau les manips et la progression, ce qui est essentiel.

Ce séjour restera un très bon souvenir, merci à Marie pour son accueil au refuge.

Par Oliv et Aurel
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Samedi 19 septembre 2009

Montée au refuge de l'Aigle, 3450m

Le refuge perché sur son rocher

Le chemin d'accès

 

La montée débute au pont des Brebis, il faut prendre une petite route qui descend sur la droite 1km  après Villard d’Arêne en direction du Col du Lautaret ; il y a ensuite un parking. Le sentier monte directement à l’aplomb de ce parking, direction refuge de l’Aigle quelques 1800m plus haut ! Mieux vaut ne pas envisager la globalité du dénivelé, il faut partir doucement, le sentier est très bon au départ mais ça se gâte au fur et à mesure que nous allons prendre de l’altitude. On arrive après avoir franchi les 2000m dans un terrain de montagne, le sentier est encore bien marqué et kairné, on évolue de plus en plus souvent sur des pierriers plus ou moins instables.

Après avoir franchi un ressaut en escalade facile, on prend pied en  faite sur les restes d’un glacier entièrement recouvert de pierre, on monte dedans jusqu'à des barres rocheuses qu’il faut franchir, plutôt sur la droite, en cherchant à rejoindre l’arête, normalement il doit y avoir des balises rouges et des bâtons plantés, l’idéal est de trouver une grosse inscription « refuge de l’Aigle » (nous y sommes tombés dessus à la descente) ensuite il suffit de suivre cette arête jusqu’au début de la vire Amieux. Cette partie est la plus pourrie, attention aux chutes de pierres, apparemment chacun passe où il peut et où ça semble le meilleur, difficile de trouver la voie normale.

La vire Amieux est équipée de câbles, elle donne accès au glacier sur lequel nous prenons pied bien encordés. Les crevasses sont ouvertes, nous sommes tard dans la saison et avec cette douceur il faut être prudent sur les ponts de neige. Il faut compter 30 min de marche sur le glacier pour finir de rejoindre le refuge. La vue est imprenable sur les arêtes de la Meije et l’objectif du lendemain. Le refuge est comme on pouvait l’imaginer, simple et rustique, une seule pièce, 12 places, heureusement très bien tenu par Marie, la gardienne très sympa qui y fait un sacré boulot.

 

 

 

 

 

 

Vire Amieux, le passage qui donne accès au glacier du Tabuchet

Le panorama depuis le refuge de l'Aigle, vu sur l'objectif du lendemain

 

 

Le Doigt de Dieu, 3974m

 

Les cordées sont formées : Théo et Cooker, Oliv et Aurel. Nous partons au lever du jour, la trace est bien marquée, de nombreuses crevasses jalonnent la trace et une énorme nécessite un assurage, elle est assez impressionnante et le pont de neige fragile.

Au dessus nous continuons en direction de la rimaye. Nous devons attendre qu’une cordée finisse de la franchir. Nous trouvons un passage où elle est moins ouverte, par contre il n’est pas tout à fait à l’aplomb du relais et malgré les 50m de cordes il manque quelques mètres, nous faisons un relais en haut de la pente autour d’un bloc, cette pente entre 45 et 50° et tout en glace, nous posons quelques broches. Attention au mec au relais sous la rimaye, on se fait parpiner de glace ! La longueur au dessus de la pente de glace et un mixte assez facile et court, le relais au dessus est très bon.

La rimaye est très ouverte

 

 

Nous laissons crampons et piolets pour la petite traversée en rocher facile qui ne nécessite pas d’assurage, nous rejoignons en corde tendue le pied de la partie finale rocheuse. Les deux longueurs sont faciles en III mais l’ambiance est bien là, la face sud est bien gazeuse et nous approchons des 4000m ! Après ces deux longueurs on termine par du rocher facile qu’on peut faire corde tendue jusqu’au sommet.

La dernière partie rocheuse

 


360° de folie au sommet, vue imprenable sur tout le massif des Ecrins, des cordées qui terminent la traversée des arêtes depuis le refuge du Promontoire nous rejoignent.

La descente s’effectue par une succession de rappels. Attention, après avoir refait en sens inverse la traversée, le premier rappel est court, et donne accès à un bon relais sur chaine, ne pas prendre l’autre relais  sur sangle qui est à 10m plus à droite, il est pourri ! Le dernier rappel (50m) obligatoire permet de franchir la rimaye avec un joli saut en pendulant, très fun ! Retour sans encombre jusqu’au refuge, prudence toujours avec les crevasses.

Assurage conseillé sur ce pont de neige

 

Cette course est vraiment magnifique, elle est très variée et un peu engagée (à notre niveau), en fin de saison comme c’était le cas pour nous on obtient une cotation supérieure, un bon PD+ ; on bénéficie d’un rocher sec mais cependant d’un glacier crevassé et d’une rimaye très ouverte !

Le Doigt de Dieu vu de la Meije Orientale

 

 

Par Oliv et Aurel
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Lundi 14 septembre 2009
Une seconde ascension dans le secteur du refuge Adèle Planchard s’annonçait comme logique pour rentabiliser l’effort fourni pour monter au refuge. Après l’ascension réussie de Tour Choisy (cf. article Tour Choisy), nous hésitons entre parcourir l’arête sud de la Pointe Brevoort et escalader Tour Carrée de Roche Méane. Finalement, nous décidons de partir pour Tour Carrée pour ne pas reparcourir la même marche d’approche et bénéficier d’un point de vue différent.

L’escalade de Tour Carrée de Roche Méane (3675m) par la voie du Plan Incliné est côté AD avec un engagement II. La hauteur de l’itinéraire est de 300m et présente des styles d’escalade variés : dalle, traversée, cheminée et arête. L’escalade est de difficulté 3 le plus souvent et 4b au plus difficile (4b à l’ancienne !).

Le matériel requis reste identique à celui de Tour Choisy, quelques pitons jalonnent le plan incliné, la traversée et le couloir du « Mauvais Pas ».

Tour Carrée de Roche Méane avec le Plan Incliné à gauche

Nous partons à 6 heures le matin, nous rejoignons le pied du plan incliné facilement repérable depuis le glacier Supérieur des Agneaux. Nous laissons sur une petite terrasse tout le matériel inutile pour la suite : crampons, piolets et bâtons de marche. A 7 heures, nous débutons les choses sérieuses.
L’escalade du Plan Incliné est effectué en trois longueurs jamais difficiles sauf pour la sortie qui s’effectue dans un surplomb dominant une petite cheminée Un pas de 4b protégeable nous oblige à s’appliquer pour passer sans s’emmêler les pinceaux. Les relais s’effectuent sur des cordelettes à renforcer si besoin.
  Le plan Incliné commence à être éclairé par les rayons du soleil

Olivier à la sortie du surplomb

Nous continuons alors corde tendue par un petit ressaut permettant de rejoindre l’arête courte et facile. Au bout de l’arête nous descendons légèrement pour rejoindre le centre du grand couloir. Nous le gravissons par un éperon de rochers brisés jusqu’à la brèche Romantique (3618m).
Le plus compliqué est de tester la solidité des rochers et d’éviter les chutes de pierre assez fréquentes. Ce passage est assez pénible, nous ne nous y attardons pas. La brèche offre une superbe vue sur la Meije et le Pic Gaspard.

Les faces sud du pic du Glacier Carré, du Grand pic de la Meije, du Doigt de Dieu, de la Meije Orientale, du Pavé et du Pic Gaspard (de gauche à droite) vues depuis la brèche Romantique

Nous débutons la traversée en face sud. Le premier pas d’escalade délicat est assez impressionnant mais il y a un piton pour clipper une dégaine. Nous continuons la progression mais nous ne prenons pas exactement le bon itinéraire. Cette variante nous oblige à un pas difficile en adhérence, et en plus notre relais sur coinceurs n’est pas tiptop. Théo est satisfait de pimenter un peu la course…
Olivier sort de la variante, il y a du gaz dessous…

Nous continuons la traversée jusqu’à un cairn qui marque le départ du couloir menant au sommet. Théo s’élance dans le couloir du « Mauvais Pas » et rejoint son sommet, l’escalade est soutenue à priori. A mon tour, je confirme que le 4b est bien serré mais ça vaut le coup d’être là-haut. Le passage du « Mauvais Pas » est « technique ».
Théo escalade le couloir final Pour rejoindre le sommet


Nous passons à droite et grimpons sur l’arête par un pas assez aérien. La voie normale passe à gauche selon toute vraisemblance mais à droite ça passe donc aussi. Nous traversons chacun notre tour l’arête jusqu'au premier rappel de descente. L’arête est splendide, effilée, perchée au dessus de l’austère face nord.
Nous avons tiré une longueur de 50 mètres. Il faut être prudent pour enjamber les gros blocs qui sont parfois instables. Concentration de rigueur après plusieurs heures d’escalade !

Olivier en équilibriste sur l’arête de Tour Carrée de Roche Méane

Nous effectuons 4 rappels successifs à renforcer si nécessaire pour rejoindre dans un premier temps le couloir menant à la brèche. On peut descendre en rappel dans celui-ci ou le désescalader. Puis nous desescaladons l’arête (facile) chacun à son rythme et rejoignons le départ par des rappels dans le plan incliné.

Théo au retour sur l’arête dominant le plan incliné

En 30 minutes, nous rejoignons le refuge Adèle Planchard par le glacier.

Pour l’ascension de Tour carrée de Roche Méane, il est nécessaire d’avoir au minimum des sangles avec mousquetons, 3 coinceurs mécaniques, un jeu de dégaines et le matériel classique (corde 2X50m).
La course est d’un intérêt moyen pour sa beauté mais elle est assez formatrice à mon avis pour l’utilisation de la corde et la diversité du terrain de jeu. Le rocher est globalement bon, l’itinéraire pour arriver au sommet est astucieux et la petite arrête sommitale réserve une belle surprise. Ce jour-là, nous étions seuls, un zest d’aventure nous à accompagner durant la course, bien loin des multiples cordées arpentant la voie normale de la Grande Ruine.

Bilan : 1h d’approche, presque 5h d’escalade (nous avons été lents), 3h30 pour les rappels et le retour au refuge. J’avais choisi de grimper en chaussons pour être plus à l’aise et en plus j’ai pu laisser les chaussures d’alpinisme au départ de l’itinéraire. Théo a grimpé en grosses sans souci.


Tour Carrée de Roche Méane vue au retour depuis le Plan de l’Alpe au bord de la Romanche
Par Oliv et Aurel
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Dimanche 6 septembre 2009

Ce sommet n’est sûrement pas le plus connu mais son escalade par la face Est sur 300m de haut promet d’être remarquable, les topos n’en disent que du bien : « escalade variée sur une facette fort raide (rocher compact et excellent), soutenue dans le 3c/4b ». La course est cotée Difficile-, l’engagement est III et il y a des pitons en place dans les passages les plus difficiles.

Avant de se lancer dans l’ascension de Tour Choisy qui culmine à 3671m, nous devons monter au refuge Adèle Planchard. Quel calvers, ce sentier est interminable surtout que nous portons des sacs hyper chargés. Hé oui, nous montons une fois de plus le packtage de bouffe, pour trois jours cette fois-ci. Nous avons décidés de rentabiliser la montée en effectuant une seconde course après Tour Choisy. Nous avons mis plus de 5 heures pour monter, le décor est magnifique avec une vue sur la face nord de Roche Faurio et le couloir du même nom.

 

Le lendemain, nous déjeunons avec tous les gens qui partent pour l’ascension de la Grande Ruine (la course facile du secteur) puis nous rejoignons à nouveau les dortoirs en attendant que le jour se lève. Il est 6 heures, nous allons sur le Glacier Supérieur des Agneaux en direction de l’Ouest jusqu’au col des Neiges (3348m), là nous apercevons le magnifique obélisque de Tour Choisy déjà au soleil.

Le glacier Supérieur des Agneaux au petit matin

Nous descendons aussi bien que possible dans les éboulis jusqu’au glacier de la Casse déserte et avançons à flanc jusqu’à l’attaque de Tour Choisy. Nous escaladons dans des rochers tout pourris jusqu’au névé où nous allons laisser piolet, crampons et chaussures pour s’alléger au maximum.

L’imposante face Est de Tour Choisy observée depuis le col de Neiges : 300m d’escalade en 8 longueurs

Le col des Neiges vu depuis le névé de Tour Choisy

Il est 8 heures, nous contournons le névé par la gauche puis Théo s’élance dans la première longueur qui est facile, il y a un peu de recherche d’itinéraire, le but étant de rejoindre (en 2 longueurs à peu près) une terrasse située à la base de la seule grande cheminée ascendante qui raye en oblique à gauche la face Est. Nous mettons en place quelques coinceurs.

Le départ de l’itinéraire, l’escalade est facile

Nous nous élançons alors successivement dans la magnifique rampe qui mène en 1 ou 2 longueurs à une brèche sur l’arête Est/Sud-Est. Certains passages sont bien raides mais jamais très difficiles. Les prises sont grosses et le rocher excellent. Il y a des pitons le long de la rampe mais c’est bien de placer un ou deux coinceurs en plus.

La rampe oblique

Nous effectuons l’escalade en tirant des longueurs. Depuis le sommet de la rampe, il faut traverser la face Est sur 50m. La cotation est 3b. Ce passage est le plus beau, assez aérien et peu protégé, l’ambiance est excellente !


Olivier dans la traversée de la face Est


Nous grimpons un petit passage surplombant puis continuons l’escalade dans un couloir qui s’élargit de plus en plus. Il y a deux longueurs comme ça, ce sont les moins intéressantes, attention à ne pas décrocher des pierres qui tomberaient inexorablement sur les cordées situées ci-dessous (s’il y en a).

Théo s’élance dans la dernière longueur où la cheminée se referme, il y a un piton je crois. La météo tourne au mauvais. Le final est très ludique et la sortie s’effectue directement au sommet.

Théo dans la dernière longueur


Olivier sous la sortie

 

Au sommet, on se dépêche de débuter le premier rappel car les nuages sont menaçants. On aperçoit même pas la Meije mais juste le Pic Bourcet situé juste à côté.

Sommet de Tour Choisy et rappel de descente

 

Pour la descente, il n’y a pas besoin de faire la traversée en sens inverse, un rappel intermédiaire permet de descendre directement dans la face. Nous avons réussis à coincer 2 rappels dans la première partie, après coup je vous conseille de désescalader l’avant dernière longueur.

Après 1h30 de rappel, nous retrouvons nos affaires et descendons en rappel la partie pourrie de départ et franchissons la rimaye. Encore 1h30 et nous arrivons au refuge.

 

L’ascension de Tour Choisy par cet itinéraire est intéressante, l’escalade est assez verticale par endroit mais il faut bien observer les prises pour passer délicatement sans s’épuiser. L’itinéraire n’est pas compliqué. La traversée gazeuse. Nous n’avons presque pas escaladé corde tendue. Des dégaines, des sangles de 120 cm et 3 coinceurs permettent de parcourir la face. Nous garderons un très bon souvenir de cette ascension, une expérience de plus dans notre bagage…

Bilan : 1h30 d’approche, 4h d’escalade, 1h30 de rappel et 1h30 pour le retour puis une bonne bouffe en arrivant. Demain, ce sera finalement l’ascension de la Tour Carrée de Roche Méane ;-).

Par Oliv et Aurel
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Lundi 27 juillet 2009

L’ascension de l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc s’imposait de façon logique après la traversée réussie de l’arête des Cinéastes le jour précédent (cf. article Pointe des Cinéastes). Cet itinéraire est côté Assez Difficile, l’engagement est II, les passages les plus difficiles sont donnés IV mais l’escalade est le plus souvent dans le II et le III. Le dénivelé de l’arête est d’environ 300m mais le développement à parcourir est assez important.

Pic du Glacier Blanc : Itinéraire de l’Arête Sud


Levé matinal au refuge du Glacier Blanc, mais nous prenons notre temps et surtout avalons un maximum de tartines pour tenir la journée. Pas la peine de se presser, il faut attendre que les rayons du soleil éclairent le bas de l’arête pour débuter l’escalade, sinon c’est la caillante assurée pour les mains. Heureusement la face où débute l’escalade est exposée à l’Est donc dès 7h30 on peut escalader à cette époque de l’année. Départ du refuge vers 5h30, à 8h00 nous sommes prêts pour débuter le dièdre fissuré. Patience nous ne sommes pas seuls aujourd’hui, 2 autres cordées s’engagent sur le même itinéraire. Le très beau temps annoncé en ait peut-être la raison.

Théo s’élance dans le dièdre (bien facile à repérer) en IV qu’il escalade sur 15m environ (2 pitons), traverse à gauche puis continue dans un petit un mur assez aérien, ça met d’entrée dans l’ambiance ! Il longe alors le fil de l’arête jusqu’à une petite terrasse. C’est idéal pour faire un relai sur becquet et c’est à mon tour de partir le rejoindre. L’ambiance est vraiment sympa dans cette longueur pas trop difficile sur un rocher de qualité.

Le départ de l’itinéraire : dièdre en IV et arête en III bien exposés au soleil du matin


Nous continuons quelques mètres sur le fil de l’arête puis rejoignons de grandes vires qu’on parcourt assez longtemps corde tendue (elles permettent de contourner plusieurs gendarmes) jusqu’à une pointe bien marquée.

Les vires versant Est de l’arête


Quelques passages aériens en III sont présents avant d’escalader la pointe qui termine ses vires.

Concentration de tous les moments sur ces passages aériens


Il faut passer légèrement côté Ouest à l’ombre avant de rejoindre le fil de l’arête. Nous escaladons en corde tendue en passant la corde derrière des becquets rocheux ou en plaçant une protection lorsque la difficulté l’exige. Puis nous effectuons une courte désescalade aérienne jusqu’au rappel.

L’escalade avant le premier rappel


Après être descendus dans la brèche par le rappel de 25 mètres, nous escaladons en oblique sur une environ 20m sur des dalles en III+ (relai possible sur la droite à la sortie).

La partie en dalles après la brèche


Nous reprenons alors l’escalade corde tendue sur le fil de l’arête jusqu’à rejoindre le sommet du gendarme. Cette partie est vraiment intéressante. On arrive au second rappel de 15 m cette fois-ci.

Le rappel


Nous avons rattrapés la cordée nous précédant, c’est l’occasion de contempler le cirque du Glacier Blanc et les sommets alentours. Le cadre est majestueux.

Le Glacier Blanc et la silhouette si connue de la Barre des Ecrins, au second plan on aperçoit le Pic Sans nom

Les Agneaux (à gauche), le Pic des Pavéous au centre et le Clocher de Clouzis au fond contemplés depuis l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc


L’escalade est moins soutenue ensuite mais l’ascension n’est pas encore terminée ! Nous tirons une longueur de 50m depuis la brèche en partant vers la gauche dans un système de fissures. La fatigue des 2 jours commence à se ressentir nous avons préféré s’assurer correctement sur ce passage.



Ensuite, nous contournons des gendarmes par des vires versant Nord-ouest et des ressauts en rocher très moyen, il faut rechercher l’itinéraire dans cette dernière partie. Ça passe à plusieurs endroits, Théo choisit de passer là où le rocher est le plus stable. On s’assure corde tendue le plus souvent. A un moment donné on rejoint l’arête, nous contournons délicatement un gros bloc par la gauche (1 piton) et c’est le sommet dix mètres plus loin. Délivrance après 4h d’escalade.

Dernier mouvement d’escalade pour Olivier avant la sortie au sommet


Chacun à droit à sa photo souvenir sous le soleil de plomb et le ciel bleu.

Théo & Olivier au sommet du Pic du Glacier Blanc


Nous entamons la descente par l’arête Est (petit sentier) puis rejoignons une selle neigeuse (crampons au pied) en direction du col du Glacier Blanc.

Un sentier marqué par des cairns descend dans des éboulis et rejoint une grande pente que nous traversons puis descendons en appuyant sur la gauche (descente d’un pierrier). Le cheminement jusqu’au Glacier Blanc est alors évident. Après 2h de descente nous sommes bien contents de retrouver la terrasse confortable du refuge… Bilan : 9h refuge à refuge.


L’escalade de l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc est un souvenir inoubliable, la vue sur les alentours est à couper le souffle, la tranquillité est assurée et surtout le rocher est bon dans l’ensemble. L’enchaînement Arête des Cinéastes – Arête Sud du Pic du Glacier Blanc que nous avons fait nous a permis d’augmenter notre vécu dans ce genre de terrains si particulier que sont les arêtes. Ces courses sont l’occasion d’alterner les manières d’être encordés et de se protéger suivant la difficulté rencontrée. Donc il faut prévoir au moins 4 sangles, 2-3 coinceurs (petits à moyens), 2-3 friends et 4 à 5 dégaines pour cet itinéraire. Cette course requiert un sens de l’itinéraire plus important que pour l’arête des Cinéastes, l’Aiguille Dibona ou Tour Choisy. La cotation est normale.

Par Oliv et Aurel
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Lundi 27 juillet 2009

Vendredi soir : petit coup de téléphone à un gardien de refuge pour connaître les conditions dans la face nord des Agneaux où nous avons prévus d’aller. Les conditions de neige ne sont pas extras et en plus l’isotherme 0°C est à plus de 4000m d’altitude. Décidément, il n’y aura pas beaucoup de courses de neige cet été ! Nous irons donc ce WE au Glacier Blanc et au refuge du même nom pour de l’alpinisme en rocher.

Après 1h30 de route nous arrivons (Olivier et Théo) au pré de Mme Carle. Il est minuit. On plante le bivouac en 2 min et on se couche. Levé à 5h00, départ vers 6h00, nous montons à petit pas le sentier (on ne croise personne) en direction de l’objectif du jour : la traversée de l’arête sud des Cinéastes jusqu’à la 6ème et plus haute pointe. C’est la voie la plus classique pour escalader la Pointe des Cinéastes qui culmine à 3203m. La cotation est donnée AD (Assez Difficile) dans les bouquins avec un engagement II. Les passages les plus délicats sont côtés III et IV. L’équipement en place est dit « classique », cependant seulement une poignée de pitons jalonnent l’itinéraire, autant dire qu’il ne faut surtout pas dévisser.

L’arête des Cinéastes vue de profil, une escalade variée et magnifique

L’Arête des Cinéastes depuis le Sud, escalade aérienne


Nous arrivons au refuge du Glacier Blanc (2542 m) pour déposer le matériel inutile pour la course : il est 8h00. Petit casse-croûte et nous partons rejoindre « les cinéastes ». Du refuge du Glacier Blanc, il faut remonter le sentier du col du Monêtier sur environ 500m puis se diriger vers le nord (à gauche) pour remonter une moraine en direction des contreforts Ouest de la Pointe des Cinéastes. A ce moment rejoindre une vire à l’aplomb du sommet principal (quelques traces de passage).

Nous commençons par rejoindre la première brèche en corde tendue (anneaux de buste, etc.) en longeant une grande vire puis en remontant facilement un large couloir, aucune difficulté après le ressaut de départ.

Départ de l’itinéraire


Une fois à la brèche séparant la première pointe (qu’on n’escalade pas) à la seconde, on s’engage dans la traversée de l’arête. Les choses sérieuses débutent… Nous gravissons corde tendue le fil de l’arête (plutôt côté droit, 1 piton, III) jusqu’au sommet de la deuxième pointe.

En corde tendue à l’approche de la 2ème pointe


On descend dans la seconde brèche puis nous suivons une vire et des fissures ascendantes en oblique, c’est le passage le plus délicat équipé de deux pitons. La cotation est III puis IV, mais franchement c’est plus difficile (plutôt V à mon avis). Nous rejoignons alors le pied du dièdre qui mène à la troisième pointe. Théo s’élance en grosses dans le toit, un pas un peu adhérence (III+ pas évident) assez exposé puis c’est le dièdre en III. Je passe beaucoup plus facilement en chaussons assuré par Théo qui a confectionné un relai sur la plate-forme en haut du dièdre.

La troisième pointe est à l’horizon, on voit très nettement le toit vers lequel il faut se diriger

Le piton protégeant le passage du toit

Troisième pointe de l’arête des Cinéastes


La vue est splendide sur le Glacier Blanc, la Barre des Ecrins et en toile de fond le Pelvoux, le Pic Sans Nom et les Ailefroide.

Vue sur le Glacier Blanc


La vue est imprenable sur le Pelvoux, le Pic sans Nom, l’Ailefroide et le Pic Coolidge (de gauche à droite)

Nous désescaladons jusqu’à la brèche suivante et nous décidons de contourner les 4ème et 5ème pointes par la gauche (vire évidente) car le mauvais temps semble se préciser. Il suffit de gravir alors la sixième pointe plus raide mais facile avec de bonnes prises.


Escalade de la 6ème pointe qui culmine à 3203m

La vue est superbe, il n’y a personne, c’est vraiment plaisant.

L’enchaînement des 6 pointes vues depuis le sommet de la 6ème pointe

Au sommet

Nous effectuons plusieurs rappels successifs à renforcer si nécessaire (de 25m au maximum donc un brin de corde de 50m suffit pour cet itinéraire) pour descendre dans la brèche suivante dans un premier temps puis dans le couloir sur le versant Est. On pose alors pied sur les vestiges du glacier Tuckett. Bilan : 3h 30 d’escalade depuis le départ y compris les rappels.


Le second rappel depuis la brèche

En 30 minutes, nous rejoignons le refuge du Glacier Blanc par les névés puis le sentier de départ. Il est 14 heures passé, repos mérité. 2h plus tard, des trombes d’eau s’abattent.

Pour cet itinéraire, il est utile d’avoir plusieurs sangles (de 120 cm c’est assez pratique) pour confectionner des protections autour de becquets, 2-3 coinceurs, 2-3 friends moyens et quelques dégaines. C’est une course vraiment intéressante, variée avec une marche d’approche réduite donc elle se fait aisément en une journée. C’est une course à réaliser absolument dans le massif des Ecrins et en plus elle n’est pas très longue, avec un dénivelé raisonnable et n’exige pas un sens de l’itinéraire. Le rocher est de qualité très souvent, se méfier sur certaines portions. L’arête faitière compte 9 pointes, il est possible de continuer sur les pointes suivantes.

J’avais choisi de grimper en chaussons pour être plus à l’aise, par contre ça fait 2 kg de plus dans le sac. On peut se passer d’un piolet pour la descente à mon avis, un bâton de marche suffit.

Bonne escalade si vous décidez d’aller sur « la croisière » voir les cinéastes… Pour nous deux, ce sera l’arête Sud du Pic du Glacier Blanc demain (cf. article Pic du Glacier Blanc, arête Sud).

Par Oliv et Aurel
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Mardi 30 juin 2009

Le samedi matin nous avons effectué une voie d’escalade de 200 mètres à Ailefroide (cf. Article Ailefroide), nous montons l’aprèm au refuge des Ecrins (3175m) pour faire le couloir sud de Roche Paillon puis effectuer la traversée jusqu’au Pic de Neige Cordier par Roche Emile Pic et le col du même nom. C’est une course assez complète : pente de neige, escalade rocheuse, terrain mixte, rapidité, gaz. Un bon concentré dans un niveau peu difficile : la course est cotée PD.

Après 4h00 de marche, on arrive au refuge des Ecrins. La vue est magnifique sur la Barre des Ecrins, ça n’a pas changé depuis l’an dernier. On a amené notre propre bouffe pour 1 à 2 jours.

La Barre des Ecrins, toujours aussi stylée


On se lèvera à 4h, 1h après les cordées partant pour le Dôme de Neige des Ecrins. Du coup à 3 heures, c’est le « trifouillage » intempestif, je ne sais pas ce que les cordées du Dôme cherchent dans leur sac mais ça va bien durer 1 heure. Quand on se lève, on comprend : il neige, aucune visibilité, personne n’est partit. Ça s’améliore un peu, nous partons vers 5h30.

Il y a 20 cm de neige fraîche au départ. On rejoint le col neigeux au-dessus du refuge (2 mecs font la trace devant nous), ça brasse. On remonte la pente de neige jusqu’au pied du couloir qu’on atteint après 1 heure de marche. C’est 30cm de fraîche sans regel nocturne : la progression est ralentie. Durant l’été il faut s’attendre à trouver une rimaye à cet endroit.

On attaque le couloir Sud qui est goulotté sur les 50 premiers mètres. C’est une pente régulière de 300m à 40° jusqu’à son sommet. Il est en bonne condition. Ya de l’ambiance car on avance dans « les nuages » avec une visibilité limitée. On est 4 à grimper au même rythme, 1 heure après on arrive à son sommet. Pour rejoindre le sommet de Roche Paillon, c’est en temps normal du rocher facile, mais là on est face à des conditions hivernales : tous les rochers sont plâtrés de neige. Théo rejoint le sommet avec prudence, les autres renoncent et moi aussi. C’est trop délicat. Pour la traversée d’arête par Roche Emile Pic, on choisit de ne pas tenter l’impossible : l’arête est très cornichée sur une cinquantaine de mètres et les conditions météos ne sont pas bonnes. Du coup aucune visibilité sur la Meije et les autres sommets.

On redescend par le couloir face à la pente. Une éclaircie, on voit les cordées sur les pentes du Dôme de Neige, 1h plus tard on est au refuge. La matinée est finalement bien ensoleillée.

Roche Paillon et le couloir Sud

 

Dommage que la météo n’ait pas été de la partie, sinon cette course  est un magnifique terrain de jeu qui n’est pas très connu, pensez-y si vous restez plusieurs jours au refuge. On remercie d’ailleurs le gardien et son équipe pour la convivialité et l’accueil réservé.

Par Oliv et Aurel
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Vendredi 5 juin 2009
C’est un week-end prolongé, nous décidons d’aller passer un petit séjour dans le massif du Soreiller au refuge du même nom qui n’est pas gardé à cette époque. La météo annonce un temps assez instable mais ce n’est pas grave, nous déciderons au jour le jour du programme. Nous voulons effectuer l’ascension de l’Aiguille Dibona par sa face sud, la plus impressionnante et surtout la plus élégante. Si les conditions sont réunies, nous irons visiter l’Aiguille Centrale ou Occidentale du Soreiller.

Il est 11h : départ du petit village des Etages (vallée du Vénéon) à quelques kilomètres de La Bérarde pour rejoindre le refuge situé à 2719m. Il y a 1100m de dénivelée, le sentier serpente au-dessus des Etages puis rejoint une combe qu’on parcourt pendant 30 minutes avec de gros névés à cette époque, on débouche alors dans le cirque du Soreiller. L’apparition de la Dibona annonce la couleur : une flèche de granit qui met tout de suite dans l’ambiance. Superbe !


 







 

 

Le sentier pour monter au refuge du Soreiller

 



Le cirque du Soreiller : Aiguille Occidentale du Soreiller, Aiguille Centrale du Soreiller, Aiguille Dibona et Aiguille Orientale du Soreiller (de gauche à droite)

 

Nous arrivons vers 14h30 au refuge après une montée tranquille sous un soleil éclatant, on a les sacs assez lourds car on a amené le matos et la nourriture pour 2-3 jours. Peu de monde, environ 15 personnes, on installe le barda dans la salle à manger, 2 chambres sont ouvertes pour dormir. On repère la partie visible de notre itinéraire depuis le refuge. L’aiguille présente une face de près de 350m bien sèche. L’itinéraire choisit emprunte une combinaison de voies ouvertes dans les années 1930, c’est à notre niveau : homogène dans le 4b/4c avec des pas de 5b. La voie normale de la Dibona est situé de l’autre côté, ce sera notre itinéraire de descente par 2 rappels successifs de 25m. Petit coup de téléphone à la météo montagne de Briançon (08 92 68 02 05) : nuit avec voile nuageux, vent 70 à 100 km/h en crête pour la journée, le temps tient le matin puis cela bourgeonne vers midi pour donner un temps de plus en plus encombré et orageux dans l’aprèm. Ce n’est pas le top, on verra le matin.

Lever à 7h00, petit déjeuner, on parle de ce qui nous attend, on va devoir installer des friends et des coinceurs car l’équipement est très aéré voir inexistant, c’est une première pour nous dans une grande voie. Théo est confiant comme d’hab, moi j’attends de voir ce que donne la cotation à l’ancienne. L’ambiance est vraiment sympa au refuge, un guide et ses clients nous laissent même leur surplus de bouffe! Départ à 8h20 du refuge le plus léger possible, 5 minutes suffisent à rejoindre par les névés le bas de la face, 5 minutes pour s’équiper (chaussons d’escalade) et on s’engage dans la première longueur facile en IV.

Pour le topo, je ne décrirai pas précisément l’itinéraire, il y des topos pas mal sur « camp to camp ». Il est utile de bien repérer celui-ci pour éviter de se lancer dans du plus difficile.

On démarre la véritable ascension dans la fissure dièdre puis on s’engage dans le tunnel (L2), ça met l’ambiance, on enlève le sac pour passer et on l’accroche au baudrier (escalade en 4c). La 3ème longueur continue dans la dalle fissurée et il faut s’engager rapidement avant un passage humide à droite (4c) dans la voie « Berthet ».

Vue sur le Vallon et la Pointe du Vallon des Etages en face du massif du Soreiller

 

On grimpe ensuite deux longueurs sur l’arête Sud-est (voie « Sept d’un coup ») en 4c et 5b (L4 et L5) avec un petit pas bien sympa dans la seconde. D’ailleurs il n’y a aucun point, on a fait une longueur un peu freestyle sur l’arête, le « vrai » itinéraire est peut-être plus à droite. Théo effectue les longueurs en tête et protège de quelques coinceurs son avancée, je les récupère derrière. Il est utile d’avoir des sangles de 120 cm pour éviter le tirage au niveau des protections mises en place. On rejoint la vire Boell, c’est une petite traversée facile (L6).

L’itinéraire se lance alors sur la partie gauche de la face Sud : la longueur L7 (50-60m) présente au début une dalle facile (couloir « Boell ») puis on s’est engagé dans un dièdre peu protégeable d’une quinzaine de mètres sur la droite et le relai est sur une terrasse. L‘escalade est vraiment superbe.

Le temps commence à être perturbé, des cumulus font leur apparition sur les sommets alentours, il ne va pas falloir traîner. A présent, on est dans les cannelures « Stöfer » (L8) en 5b, pas si facile que ça le paraît puis c’est le passage le plus impressionnant de la voie : un surplomb plein gaz ! Quelques mètres après la sortie, c’est le relai. A ce moment, on décide de partir sur la gauche de la dalle qui nous fait face (erreur, la voie qu’on voulait emprunter partait en oblique sur la droite), on effectue alors la sortie « Livanos » (L9) plus difficile, qui longe l’arête Ouest avec un passage en 5c intéressant. Les nuages ne sont pas venus jusqu’à l’Aiguille Dibona, tant mieux.

Nous arrivons alors dans la dernière longueur où nous contournons par l’Est les difficultés, il y a un seul point dans cette longueur facile. Nous sortons au sommet heureux d’avoir accompli cette ascension mythique qui a duré environ 6 heures (je pense que 4 heures suffisent pour une cordée rompue à ce genre de terrain). Il y a quatre personnes sur le minuscule sommet. Ambiance magnifique !

La cordée au sommet


L'Aiguille Centrale du Soreiller depuis la Dibona  &  La fine arête en face Nord 

 

 

 

 


Après 10 minutes au sommet, le temps est à nouveau menaçant. Les relais de descente (voie normale) sont bien équipés mais le relai intermédiaire est sous presque 1m de neige. Il va falloir faire le deuxième rappel sur un béquet (car on a une corde simple de 70m). Mais Stéphane et Philippe avec lesquels « on a grimpé » durant toute la journée (ils ont fait la voie Coup de Bambou) car on les retrouvait lorsque les voies se croisaient, nous prêtent leur corde à double (2x50m) pour descendre d’un seul trait la voie normale jusqu’au pied des clochetons de Gunneng. Puis on finit avec eux la petite désescalade en traversée qui permet de rejoindre la neige. Mise en commun du matériel, solidarité en montagne ! Des gestes qui comptent.

Et là, l’orage éclate durant quelques instants: de la petite pluie puis des grêlons. Les 4 autres alpinistes descendent vite car ils « entendent les abeilles ».

 

 

 

 

 

La brèche Gunneng

 

On enfile les grosses qui étaient dans le sac et c’est le retour au refuge en 45 petites minutes par les grandes pentes de neige. Il commence à pleuvoir de façon plus intense alors que nous rentrons à l’abri. Nous sommes bien contents de notre journée sur ce granite exceptionnel pour la haute-montagne.

L’itinéraire effectué à l’Aiguille Dibona : voie Berthet-Sept d’un coup-Boëll-Stofer-Livano, 400m d’escalade en 10 longueurs, cotation D (cet itinéraire peut présenter des approximations au vu de la grandeur de la face, vous devez être maître de votre décision et s’attendre à ne pas retrouver exactement la voie décrite)

 

L’ascension de l’Aiguille Dibona par sa face Sud est une escalade magnifique sur un rocher stable et adhérent. Cet itinéraire est une magnifique façon de progresser dans l’alpinisme en rocher. Il faut néanmoins une certaine expérience de la montagne, une continuité dans l’effort et être à l’aise dans le niveau de difficulté de la voie car les chutes sont à exclure (pose de coinceurs et friends, très peu d’équipement en place, les relais sont corrects mais sont à renforcer avec une sangle par exemple). Attention, les cotations anciennes sont souvent plus difficiles que celles rencontrées en falaise (plus difficile que le Pic de l’Aiguille par exemple, cf. l’article en question).

Le refuge semble ne pas être trop fréquenté en mai, profitez-en pour y aller avant l’afflux de masse de l’été.

L’Aiguille Dibona (face Nord) contemplée le lendemain depuis l’arête menant à l’Aiguille centrale du Soreiller

 

L'arête menant à l'Aiguille centrale du Soreiller débute aux clochetons de Guneng et continue jusqu'au pied de l'Aiguille Centrale. L'escalade est en II, ce jour-là c'est un peu plus difficile car les rochers sont enneigés. Personne aux alentours, nous profitons pleinement de la haute-montagne.

Par Oliv et Aurel
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Mercredi 23 juillet 2008

 

Course: Pointe Puiseux du Pelvoux, 3943m

Itinéraire: Refuge du Pelvoux et couloir Coolidge en aller et retour

Cotation: PD

Principales difficultés et remarques: Couloir Coolidge, pente jusqu'à 40° sur la fin, chutes de pierres dans le couloir

Météo:

-Samedi grand beau chaud

-Dimanche, matin beau venteux puis orage et pluie à partir de 10h00

Conditions: reste des névés pour montée au col de Sialouze, glacier bien bouché, couloir en excellente condition.

Dénivelée:

- Jour1: 1200m

- Jour2: 1150m

Horaires:

2h30 pour le refuge du Pelvoux

3h00 pour le sommet

Equipement:
Piolet indispensable pour le couloir, ça passe avec un seul


 

 

Olivier en parlait depuis longtemps de son Pelvoux et de son fameux couloir Coolidge et bien il l'a eu !!!
Cette course côté PD a tenue toutes ses promesses.
                                     Le Pelvoux vu depuis le Glacier Blanc le 14 juin 2008

Montée au refuge du Pelvoux, 2704m

Dénivelée:1200m
Temps de montée: 2h55
Météo: grand beau toute la journée, chaud

Nous partons du parking d'Ailefroide, direction le refuge du Pelvoux. Le sentier est très bon dès le départ, il monte en pente douce dans la forêt de mélèzes et le long d'un torrent, ensuite il s'élève sur les pentes de droite, les contreforts du Pelvoux. A 1993m nous arrivons à un carrefour, à gauche direction le refuge du Sélé, à droite le Pelvoux, le sentier grimpe un peu plus mais reste très bon et fait de belles épingles ( un peu avant le carrefour il y a un très bon point d'eau dans un petit bac en bois à côté du sentier).
Aucun passage délicat, le sentier arrive sans difficulté au refuge dans un univers très minéral, la vue est imprenable sur le vallon du Sélé, on domine nettement le refuge du même nom. Au dessus du refuge du Pelvoux se dresse les pentes du Pelvoux et les séracs du Clot de l'homme.
                       Arrivée au refuge du Pelvoux avec une vue imprenable sur le vallon du Sélé

Nous arrivons tôt au refuge, en début d'après midi, nous nous installons, mangeons et nous nous reposons un moment.
Nous décidons ensuite d'aller reconnaître le début de la course du lendemain.
Il y a un petit passage en rocher dès le départ au dessus du refuge, très facile et court, ensuite on prend pied sur la moraine qui grimpe raide tout droit sous le glacier du Clot de l'Homme.
                             La moraine et le refuge en contrebas

Arrivé au sommet le sentier part sur la gauche pour traverser rapidement sous les séracs, pas de gros dangers, quelques pierres descendent mais n'arrivent pas jusqu'au sentier, il faudrait vraiment une grosse purge des séracs perchés pour risquer quelque chose, de toute façon le passage exposé est très court.
Nous n'irons pas plus loin, la trace est bien faite sur les premiers névés qui suivent la traversée sous les séracs.
                             L'itinéraire à suivre après la moraine jusqu'au col de Sialouze

                            Vue de satellite sur la première partie de l'itinéraire (1h30)

                         L'itinéraire global pour l'ascension du pelvoux par la voie normale


Ascension de la pointe Puiseux par le couloir Coolidge.
Denivelée: 1250m
Heure de départ: 3h25
Heure au sommet: 7h00
Temps de descente jusqu'au refuge: 2h00

Nous voilà donc partis sur nos traces de la veille, sur les premiers névés nous ne mettons pas les crampons, le regel est assez correct et la neige porte bien, le deuxième névés aurait mérité qu'on les mette mais rapidement on retrouve une partie en éboulis qui monte quasiment jusqu'au col de Sialouze.
Une fois sur le glacier, nous cramponnons et nous nous encordons, le glacier est bien bouché, aucune trace de crevasses. Nous montons le long de sa rive gauche pour rejoindre le pied du couloir Coolidge, l''approche est assez longue et usante.
                                     Aurélien au départ du couloir Coolidge (au second plan)

Arrivé sur la partie raide, entre 35 et 40°, il faut faire attention aux nombreuses chutes de pierres qui proviennent des cordées au-dessus mais aussi des roches à droite et à gauche, casque fortement conseillé. Le couloir est en très bonne condition, regel juste correct mais quasiment pas de mixte, tout se fait en neige. Nous progressons  rapidement devant 2 cordées italiennes, tout le monde joue bien le jeu signalant chaque pierre.
Un incident tout de même, la gourde d'Aurélien a dévissée, 400m de chute, nous ne la retrouverons jamais, ça a bien fait rigolé les Italiens !!!

                                                    La sortie du couloir Coolidge

Nous sortons rapidement sur le plateau du Pelvoux, cueillis par de fortes rafales de vent mais aussi par le soleil qui se léve, le spectacle est magnifique.

 L'arrivée sur le plateau-glacier du Pelvoux avec le sommet au loin
                                           Un rayon de soleil....

Nous continuons sans difficulté sur la gauche en direction de la pointe Puiseux, sur une pente de neige facile, le manque d'oxygéne se fait un peu sentir mais la motivation fait le reste et s'est très fiers que nous arrivons au sommet à 3943m.
             La cordée au sommet de la pointe Puiseux (3943m), la plus haute du Pelvoux! Enfin....











  










                  Pose photo devant le surprenant plateau du Pelvoux (le Petit pelvoux en arrière plan)







La vue est imprenable sur tout le plateau du Pelvoux, la face sud de la Barre des Ecrins, le Pic Coolidge, le Pic sans nom, les Ailefroides, les Bans, etc, un 360° superbe et très venté.
Le mauvais temps approche...








                                                                            







Nous nous attardons un petit quart d'heure au sommet
avant de redescendre par la même voie alors que les
autres cordées continuent pour la traversée du Pelvoux.












Le couloir se redescent très bien, la neige est ramollie, nous croisons une cordée de 3 qui sont encore au milieu, ils ont vraiement l'air de souffrir, malheureusement ils seront pris dans l'orage ! Nous descendons rapidement et quelques gouttes tombent déjà, 2 bons coups de tonnerre raisonnent derrière nous et nous pensons immédiatement à ceux qui sont encore là haut, ça ne doit pas être top, bref nous nous dépêchons de rejoindre le refuge avant de finir trempés, il était temps, le mauvais temps est bien installé, il pleut fort.

Par Oliv et Aurel
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Mercredi 18 juin 2008
  Nous voici donc au départ de cette belle course du Massif des Ecrins, sur la route, du col du Galibier nous avons pu admirer la Barre et le Dôme dominant majestueusement le massif, superbe !

  La route est longue pour rejoindre le Pré de Mme Carle, et déjà beaucoup de voitures sur le parking. Il est 12h00 quand nous commençons la grimpette jusqu'au refuge. Il fait beau, grand ciel bleu, et le soleil tape fort.


Le sentier est bon jusque sous le glacier blanc, bien tracé et assez large, plutôt raide. A partir du glacier les premiers névés apparaissent et le sentier est par endroit carrément comblé par une couche de neige très épaisse pour la saison. Nous montons en chaussures légères, ce qui a l'avantage d'être confortable mais ce qui veut dire aussi qu'il faut porter les Nepal dans le sac ce qui nous alourdi considérablement, ce choix sera quand même judicieux tant pis pour le poids  ! 


  Nous nous arrêtons au refuge du Glacier Blanc à 2550m d'altitude, nous avonc donc grimpé un peu plus de 600m de dénivelée ! Petite pause repas, on met une petite polaire car l'air se rafraichit, pas mal de monde qui fait une pause, beaucoup de cordée montent comme nous au refuge des Ecrins. Il est l'heure de chausser les grosses, on ne marchera quasiment plus sur la terre, la neige porte bien et la trace est très bien faite, la progression sur le glacier est facile, il est bien bouché. Notre progression continue tranquillement jusqu'au refuge, avec le Dôme en point de vue. Une bonne grimpette conduit au refuge, environ 100m de dénivelée depuis le glacier dans une grande pente de neige, mais pas besoin de crampons, nous montons dans les marches. Content d'arriver à 3150m, notre regard attiré par le Dôme. Nous nous installons au refuge, pour la petite histoire, il n'y a pas d'eau courante ! à la guerre comme à la guerre. Le gardien donne le ton, pour le Dôme réveil à 3h00 ! la nuit va être courte, très courte, difficile de dormir dans une chambrée de 20 et une chaleur étouffante peu importe demain ce sera l'ascension !


Réveil à 3h00, nous mettons pied sur le glacier à 4h00, encordement et c'est parti, nous remontons le glacier et les cordées qui sont devant nous, forme olympique  ! nous mettons 1h00 pour arriver au pied de la face, déjà nous scruttons le ciel qui semble s'ennuager un peu..

  Petite pause, nous reduisons l'encordement et c'est parti pour l'ascension, nous doublons rapidement les 2 cordées qui nous précédent, nous sommes que 2 et la progression est plus facile, les cordées de 4 ou 5 sont toujours plus lentes. Petit regard aux gros séracs du bas, nous traversons rapidement le couloir dangereux. La neige est bien transformé sur le bas, c'est un régal de cramponner. Nous suivons la piste de 2 skieur squi ont pas mal d'avance, les autres cordées suivent derrière nous. Plus nous progressons plus la neige devient poudreuse et la couche augmente avec l'altitude, cette couche de fraiche parait assez instable. Ca devient difficile et nous nous relayons pour faire la trace, chaque pas demande un gros effort; derrière nous le soleil se lève tandis qu'à l'ouest les nuages arrivent, la Meije à déjà disparu sous les nuages.

  Le brouillard, la neige et le vent déferlent  subitement  sur la face, mince ! Les 2 skieurs semblent progresser plus difficilement sur le haut, en effet nous sommes sous la barre et la couche de neige est maintenant vraiment épaisse, nous franchissons une crevasse, on ne traine pas, le pont de neige n'est pas très épais.  La visibilité devient nulle, vent violent, grosse accumulation de neige sous la barre, altitude 3850m, faut t'il continuer ?
Nous décidons de faire demi-tour, un guide de la cordée qui nous suit pense que ça devient sérieusement avalancheux, de toute façon aucun intérêt de monter au sommet dans cette tempête.

 Redescente donc rapidement, la tempête fait rage, toutes les cordées font de même, beaucoup n'ont même pas atteint le milieu de la face, nous aurons au moins la satisfaction d'être monté très haut et d'avoir su renoncer avec de telles conditions. La neige nous accompagnera jusqu'au refuge du glacier blanc, en dessous le temps est nettement plus clément. Nous dévalons rapidement les 2000m de dénvilée, pas besoin de se retourner, toute la montagne est prise dans le mauvais temps... pas de regrets !
  Nous reviendrons !

Le topo de notre ascension

Par Oliv et Aurel
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