|
Course: Mont Blanc, 4810m
Itinéraire: Refuge du Gouter et arête des Bosses
Cotation: PD
Principales difficultés et remarques: Montée à l'aiguille du Gouter toujours délicate selon les conditions, traversée du Grand Couloir. Arête des Bosses
parfois efilée. Pas ou peu de crevasse
Météo:
-Samedi matin beau puis aprés midi orage et neige en soirée
-Dimanche, grand beau, pas de vent, doux
Conditions: Aiguille du Gouter séche, arête des bosses excellentes, nous avons fait la trace jusqu'à Vallot.
Dénivelée:
- Jour1: 1500m
- Jour2: 1100m
Horaires:
2h50 pour le refuge du Gouter
3h00 pour le sommet
Equipement:
Bâtons indispensables pour le sommet. Piolet par sécurité et pour traversée du grand couloir s'il est en neige. Longe pour éventuellement se vacher aux cables.
|
Nous avons eu la chance de pouvoir réserver 2 places au refuge du Gouter, nous avions appelé au mois d'avril, et nous n'avons pas eu le choix des dates, le 26 juillet.
Nous avons donc passés la semaine précédente à surveiller la météo pour connaître au plus tôt les tendances pour ce fameux week-end. Le jeudi nous sommes fixés, dimanche matin il fera beau, nous
confirmons aussi tôt la réservation.
Le vendredi la météo confirme le beau temps annoncé le dimanche, par contre samedi : le massif du Mt Blanc s'ennuage rapidement et de violents orages éclatent dès la mi-journée,
amélioration dans la nuit...
Bien renseignés, nous partons tôt le samedi et prenons le premier train qui monte au nid d'Aigle, départ à 7h30 du Fayet et arrivée à 8h30 à 2750m. Il fait beau ! Nous commençons la longue
ascension jusqu'au refuge du Gouter à 3817m.
Le
débarquement !
Le sentier est bon jusqu'au refuge de Tête Rousse à 3150m, nous y sommes rapidement, en 1h10.
Bon sentier
jusqu'à Tête Rousse, cheminement facile
Nous faisons une pause, nous laissons nos chaussures légères sous un rocher, chaussons les grosses et le baudrier.
Refuge de
Tête Rousse, le chemin n'y passe pas, à cet endroit prendre la trace de gauche
Nous continuons sur la trace du névé-glacier de Tête rousse en direction du pied de l'Aiguille du Gouter et du
fameux Grand Couloir.
Le Grand Couloir, attention aux éventuelles chutes de pierres
Il faut le traverser pour rejoindre l'arête rocheuse menant au refuge. Olivier reste au départ pendant qu'Aurélien traverse rapidement, et guette la moindre chute de pierre, ensuite c'est au tour
d'Oliv', tout se passe bien, ça bouchonne un peu, il faut attendre son tour pour passer.
Traverser
rapidement mais sûrement, ne pas tomber
Nous traversons sans crampons, la trace est bonne et le milieu est déneigé. Il y a un cable tendu que les guides peuvent utiliser pour sécuriser leur cordée.
Un passage raide mais très facile en rocher succède au couloir, il y a des câbles, et ça passe très bien.
Arête à
suivre
Toute la montée de l'aiguille est une succession de passage raide, de sentier, de ressault rocheux équipés de câbles; il n'y a vraiment que la dernière partie sous le refuge qui est bien plus
raide mais équipée de câbles de chaque coté, on peut éventuellement s'y mousquetonner pour s'assurer.
Ascension
facile mais rigueur et concentration exigées
Dernière
partie bien équipée en cables
Nous croisons pas mal de personnes qui descendent sans avoir pu faire le sommet du Mont Blanc à cause des mauvaises condititons météo très tôt le matin. Pour l'instant ça tient le coup même si ça
s'ennuage par l'Ouest, nous continuons dans ces rochers secs et atteignons le refuge environ 1h40 après Tête Rousse. Conclusion 2h50 pour monter au refuge, assez rapide, nous avons préférés
assurer et profiter du beau temps annoncé le matin et être à l'abri l'après midi.
Début du
mauvais temps
Le refuge est vraiment perché, et posé sur le rebord de l'aiguille, quasiment projeté dans le vide. La vue est magnifique sur toute la vallée de Chamonix, l'Aiguille et le glacier de
Bionassay.
Nous rentrons et nous nous installons, peu de monde est arrivé, nous mangeons un bon morceau. Nous consacrerons l'après midi au repos, lecture et préparation des sacs pour le lendemain.
Les cordées arrivent les unes après les autres, le mauvais temps s'installe en début d'après midi, il neige sous des averses orageuses et la montée de l'aiguille est vite blanchie, nous avons
bien fait de venir tôt, nous nous demandons si certains se sont bien renseignés sur la météo, ils arrivent trempés en fin d'après midi. Un hélicoptère évacue une personne blessée à l'épaule par
une pierre, quelques minutes après nous suivons une grosse intervention des secours, un alpiniste a dévissé dans le grand couloir...
Sauvetage
dans le grand couloir...
18h00, repas, miam !!! petite remarque, les Espagnols ne sont pas des gens très partageurs... ils ont raclés la moitié de la viande au premier passage, sympa pour les autres ...
Beaucoup de guides dans le refuge, ils accompagnent des personnes n'ayant pas forcément la tête de l'emploi, beaucoup semblent inquiets et ont du mal à supporter l'altitude, cette première
montée a laissé des traces. De notre côté tout va bien, bon appétit, pas de maux de tête ni de fatigue.
Dehors il neige bien, quelques centimètres déjà déposés, une belle neige qui tombe toute droite sans vent, on se croirait en plein hiver dans nos campagnes. Petit tour aux toilettes, toujours un
grand moment dans un refuge, autant dire qu'il n'y a pas d'eau courante à 3817m, il faut avoir le coeur accroché pour un petit pipi, grosse comission inenvisageable !
Au dodo ! dortoir de 20, il reigne une chaleur terrible, en plus Aurélien est à côté d'une très très mignone polonaise, tchèque ou quelque part à l'Est, whaouuuuuuu charmante compagnie, il
s'avérera qu'elle ronfle... bref
21h00, le
temps s'améliore
On ne s'endort pas facilement, Aurélien aperçoit un ciel rouge à travers la fenêtre, vite dehors !! quel spectacle, le dernier orage est sur Chamonix, alors qu'à l'Ouest le ciel est clair, il ne
neige plus, c'est tout bon pour demain !!! on se recouche, le coeur léger.
21h00, 22h00, 23h00, 1h00, les heures défilent et le sommeil est bien fractionné, mais il faut se reposer. Le réveil est prévue pour 2h00 mais dès 1h15 beaucoup de monde s'agite, certains
préparent leurs sacs, s'habillent, on ressent une certaine tension encore plus palpable au moment de récupérer son plateau de petit déj', ça se bouscule, double , joue des coudes ! Nous décidons
de laisser passer la déferlante et de manger dans le calme, bonne stratégie.
Grand départ
2h30 nous sommes prêts, nous mettons le nez dehors, bon regel et surtout un beau ciel étoilé, pas de vent, PARFAIT.
Nous choisissons de ne pas nous encorder, il n'y a pas de gros risques sur cette première partie, seulement une crevasse près de l'épaule du Gouter qui est très peu ouverte.
Nous observons des frontales très hautes déjà, nous prenons un rythme que nous tiendrons jusqu'en haut, nous doublons une première cordée qui s'est arrêtée, une personne a déchaussée ses
crampons...
Nous montons, doublons, montons, doublons, soudain plus de traces ! normal nous sommes devant... la progression est facile et même si la trace de la veille est un peu comblée par la neige fraiche
il est aisé de la repérer
En 1h00 nous sommes à l'épaule du Gouter, direction le col du Dôme, rapide descente, au loin se découpe la silhouette de l'arête des bosses. Nous apercevons des frontales à Vallot, des personnes
y ont dormi et se lancent sur l'arête, ils feront la trace.
Le haut de
l'arête des Bosses
Nous arrivons à Vallot, accompagnée d'une cordée qui nous a rattrapé lors d'une pause, fort sympathique nous discutons un moment: ils nous demandent si nous sommes partis à 1h00 du mat', non non
2h30 comme les autres !!!! ah ok vous avez du gazer !! un peu...
Nous reprenons la trace et la pente s'accentue, nous franchissons la première bosse par sa gauche, nous rattrapons les 2 cordées partis de Vallot qui pénent à trouver la trace, une se lance dans
une traversée périlleuse sous la deuxième bosse qu'ils tentent de contourner par la gauche alors que cette fois-ci il faut passer par la droite, notre cordée rencontrée à Vallot nous rejoint et
passe devant sur la bonne trace, nous les suivront jusu'au sommet.
Une belle crevasse sillone le bas de l'arête qui mène au sommet, nous la contournons rapidement, à la sortie une pente bien raide nous hisse rapidement, l'effort se fait sentir, nous
sommes à plus 4500m et nous croyons apercevoir le sommet qui est en fait l'antécime, mince !!!
L'antécime = fausse joie !
Derrière il y a encore une longue arrête un peu plus effilée qui monte cette fois ci au sommet à 4810m.
5h30 !!! mince le soleil n'est toujours pas levé, nous sommes montés trop vite !!
Arête sommitale
Heureusement les conditions sont clémentes au sommet, le vent est faible et il ne fait pas trop froid, les mains gélent uniquement le temps de prendre les photos. L'émotion est grande, chacun
verse quelques larmes. Nous sommes fiers avec Olivier, nous avons fait Notre Mont Blanc, ça faisait un moment qu'on en rêvait, nous nous sommes équipés, entrainés, préparés et nous avons réussi,
seuls ! Des instants inoubliables.
La cordée
au sommet, beaucoup d'émotions
Le ciel rougi à l'Est et les premiers de rayons percent, le Mont Blanc se teinte alors de rose puis d'orange alors que nos sentons déjà cette lueur nous réchauffer, tout est calme, nous
sommes seulement 4 à contempler ce levé de soleil sur le toit de l'Europe, nous nous sentons privilégiés, notre effort est récompensé.
Le soleil
se léve, instant magique
Le calme,
nous sommes seulement 4 au sommet
Nous bombardons de photos, 30min plus tard les premières cordées arrivent, il faut redescendre, d'abord on commence à geler un peu à force de rester immobile, puis il faut faire la place au
sommet, le croisement de toutes ces cordées sur l'arête est un peu angoissant, bien évidemment nous leur laissons la priorité en nous écartant quand l'arête le permet, tout se passe bien.
Le gros
des troupes arrive, il va falloir croiser toutes ces cordées
Beaucoup sont marqués par l'effort et l'altitude, la tête dans les crampons, honnêtement ils sont rares à apprécier l'ascension et à contempler les lieux, ce n'est qu'une fois au sommet
qu'ils léveront les yeux sur le panorama à 360°, dommage, c'est la différence entre une cordée entrainée et préparée et une cordée guidée qui progresse pas à pas dans la douleur, vaccillant
parfois sur cette arête éffilée. Descente rapide, très rapide, on peut même trotter par endroit, col des Dômes et c'est la remontée sur l'épaule du Gouter, plein gaz !!! Oliv' ne lache pas
;-)
Abri
Vallot, col du Dôme et Dôme du Gouter
Petit détour au sommet du Dôme du Gouter, il porte bien son nom, c'est grand comme un terrain de foot là haut !!
Vient ensuite l'interminable descente du Dôme en direction de l'aiguille et du refuge, ça tue les jambes et ça tape, on coupe le plus qu'on peut, pas trop de trace de crevasses, quelques trous
par endroit. 8h00 nous sommes au refuge, un bon moment de repos et un casse croûte, miam !
Montée
(longue...) du Dôme du Gouter
Nous refaisons les sacs et départ pour la descente de l'aiguille, gloups la neige n'a pas fondue, ça va être casse gueule, c'est gelé de partout, il faut descendre en crampons, doucement et
prudemment, on peut se mousquetonner au cable.
Descente
de l'Aiguille du Gouter, prudence !
Nous garderons les crampons jusqu'a la sortie du grand couloir, tout s'est bien passé, la descente est longue et demande beaucoup de concentration, on peut se relacher ensuite sur le névé
de Tête Rousse.
Au pied de
l'Aiguille, tout va bien
Petite pause au refuge et nous finissons en direction du Nid d'Aigle, dans une bonne foule nous montons dans le petit train, celui de 14h25, c'est fini, c'est fait, nous revoilà dans
la vallée, 4300m plus bas !!!!