Départ de Pralognan la Vanoise
4 jours du 13 au 16 août 2009
Distance totale : 67km
D+ : 5400m
Météo : grand beau, chaud.
Jour 1. Les Fontanettes – Refuge de l’Arpont : 20km, 7h00, D+ 1500m, D- 800m.
La Grande Casse
Départ du parking juste au dessus de Pralognan, il se situe à environ 1500m d’altitude, il suffit ensuite de suivre le balisage du GR et les nombreux panneaux qui indique le refuge du col de la Vanoise, ce sera la partie la plus difficile de la journée. Les paysages sont superbes, nous passons au pied de l’Aiguille de la Vanoise où de nombreux grimpeurs sont dans les voies, nous longeons également la Grande Casse et son superbe glaciers des Grands Couloirs, on constate sont recul et la voie normale n’est pas du tout en condition c’est tout en glace et sacrément crevassé.
Nous continuons sur un sentier plus plat, nous laissons le refuge de la Vanoise sur notre droite et poursuivons en direction de plusieurs lacs. Après le blockhaus le sentier part en balcon à une altitude constante ou presque, c’est agréable sauf la traversée du gros pierrier.
Nous passons sous le Mont Pelve et sa calotte de glace. Toujours de jolis lacs et torrents, belle ambiance. Le refuge de l’Arpont pointe le bout de son nez, il est accroché sur une moraine, au
loin une superbe cascade dévale les flancs du Dôme de l’Arpont.
Refuge de l'Arpont
Ce refuge est fréquenté, placé à un endroit stratégique beaucoup de randonneurs s’y arrêtent, quelques alpinistes aussi pour l’Arpont. Repos bien mérité, douche glaciale ! et balade jusqu’au lac glaciaire de l’Arpont après le dîner. La nuit est agitée, beaucoup de monde et on étouffe vite.
Dôme et glacier de l'Arpont
Jour 2. Refuge de l’Arpont – Refuge de la Fournache : 17km, 6h00, D+ 1200m, D- 1100m.
La Dent Parachée
Départ dans la fraicheur du matin, après une nuit un peu chaotique, nous ne nous pressons pas, l’étape est courte. Le sentier surplombe en permanence la vallée de la Maurienne, nous la longerons
en balcon toute la journée, ce qui fait que la rando n’est pas difficile, il y a réellement qu’une seule montée un peu plus dur sur les flancs de la Dent Parrachée.
Sentier en balcon
A mi parcours le décor change et l’environnement devient sec, on est exposé plein sud, plus d’eau dans les torrents, herbes jaunies, quelques pins poussent sur un sol devenu calcaire, on se
croirait dans les Alpes de Haute Provence !
Face sud de la Parachée
Nous arrivons au dessus d’Aussois et le décor redevient savoyard, nous pénétrons dans le vallon qui mène au fond d’Aussois, le refuge de la Fournache n’est plus très loin, il surplombe 2
lacs de barrages.
Lac du Vallon d'Aussois
Ce refuge privé est superbe, quasiment neuf il offre un bon confort, de plus le vallon compte 4 refuges sur 2km donc pas sur fréquentation. Nous prendrons une bonne douche chaude et passerons une bonne nuit réparatrice.
Jour 3. Refuge de la Fournache – Refuge de la Valette: 20km, 8h30, D+ 1900m, D- 1700m.
La veille le gardien de la Fournache nous annonce 10h00 pour rejoindre la Valette, en plus nous comptons faire le petit détour à la Pointe de l’Observatoire, la journée s’annonce longue !
Fond d'Aussois
Nous quittons le refuge à 8h00 en direction du Fond d’Aussois, nous attaquons le Col d’Aussois qui est à plus de 2900m, le premier gros morceau de la journée, le soleil tape déjà fort et il nous accompagnera toute la journée. Au col nous laissons les sacs et partons pour grimper la Pointe de l’Observatoire et passer la barre des 3000m. De là haut la vue est superbe, les arêtes effilées de la Pointe de l’Echelle, l’aiguille de Péclet et de Polset, au loin les Ecrins, de l’autre côté le Mont Blanc étend ses arêtes enneigées. Nous apercevons une bonne partie du chemin qui nous reste à parcourir, ça promet ! au loin on devine la montée finale au refuge.
C’est reparti pour une longue descente jusqu’à un torrent, ensuite le sentier zig zag en balcon au dessus de la vallée des Prioux, certains d’ailleurs s’arrêtent ici, pour nous il reste encore
une étape le lendemain. Nous sommes dominés par les glaces de la Vanoise, des séracs immenses surplombent d’immenses falaises d’où dévalent des cascades.
Séracs suspendus
Refuge de la Valette
Nous arrivons dans le cirque du Nant, à environ 2200m, il reste à montée au col de la Valette à 2600m, en fin de journée et en plein soleil, cette montée est un véritable rempart. Nous sommes heureux de découvrir les 3 petits bâtiments qui forment le refuge de la Valette, nous arrivons assez tôt et nous pouvons nous poser, prendre une douche, se tartiner de créme, boire etc, ses moments de contemplation et de calme font un bien immense après de longues heures à crapahuter au soleil. Le soir nous admirons un superbe coucher de soleil depuis le lac qui est au dessus du refuge. Beaucoup d’alpiniste dans ce refuge, il parte sur la voie normale du Dôme de Chasseforêt, de notre côté de lever est programmé pour 7h30 !
Jour 3. Refuge de la Valette - Pralognan: 9km, 4h00, D+ 600m, D- 1600m.
Sans se presser nous quittons notre dernier refuge, l’étape est courte et nous décidons de marcher doucement et de faire une journée « contemplation ». Nous prenons l’itinéraire des cirques, Petit et Grand Marchet. C’est très sauvage et nous ne croisons pas grand monde, il y a une seule montée, celle du col du Grand Marchet, relativement courte, la descente par contre est un petit peu périlleuse sur les premiers mètres, le rocher est pourri et file sous les pieds, prudence. Le reste se résume à une inexorable descente dans la vallée, c’est presque triste après tant de bons moments passés en altitude.
En conclusion, ce Tour des Glaciers de la Vanoise emprunte des sentiers fréquentés, bien balisés et sans aucune difficulté, les montées sont raisonables; le plus éprouvant a été le soleil et la chaleur, mais peut-on se plaindre du beau temps en montagne ?!!! On marche en permanence au dessus de 2000m et on peut même faire un 3000 avec la Pointe de l'Observatoire (3015m). Il existe de nombreuses variantes, tours et détours, 4 jours semblent un bon compromis pour avoir le temps d'apprécier.

Tunnel de 650m sur le Martel
Panorama du Point Sublime
Falaise de l'Escales
Envau
Chambre du Turc, sous le sommet
Sommet du Turc
Panorama du sommet
Il est environ 15h00,
l'après-midi va passer très vite, repas, faire de l'eau pour le soir et le lendemain, aller couper du bois, faire sécher les affaires, préparer le repas du soir etc, la nuit tombe rapidement. 2
personnes arrivent à la nuit tombée, elles ont failli dormir dehors ne réussissant pas à trouver la cabane, quelle chance il fait même preque bon à l'intérieur (5°C peut-être)!
Le sommeil est
souvent le plus fort les soirs, après une journée passée à l'extérieur plus les efforts en raquettes, nous n'aurons pas du mal à nous endormir.
Nuit très
fraîche (0°C ?), il ne faut pas sortir le bout du nez du duvet ! Réveil matinal et nous sortons contempler le lever de soleil sur les sommets alpins, la vallée est plongée dans un épais
brouillard, quelle chance nous avons d'être ici, seuls, en paix. Nous nous apercevons que nous sommes en train de marcher sur la piste d'un loup qui est passé tout près de la cabane, ces traces
sont fraîches puisque le vent a soufflé une bonne partie de la nuit et les auraient au moins recouvertes en partie. Cela rajoute un peu plus de mystère à ces lieux. Nous trainons, aucun de
nous n'ayant semble t-il vraiment envie de redescendre, drôle de sentiment.
Nous montons
jusqu'au col du Pison qui ouvre les portes des hauts plateaux du sud, le paysage change encore, avec une forêt morcellée et un relief tout en cuvette, la neige est profonde et c'est un régal de
faire la trace tantôt dans un creux, tantôt sur l'arête d'une congère, nous croisons une floppée de pistes d'animaux : renards, loups, lièvres, écureuils, sangliers, lynxs ?
Au loin
le Mont Aiguille dresse fièrement sa pyramide, nous nous en approchons de plus en plus alors que de vilaines nappes de brouillard remontent de la vallée. Rapidement nous passons d'un grand beau
soleil à une purée de pois glaciale, c'est à peine si nous voyons la bergerie de Jasse Neuf. Nous navigons au GPS et n'apercevons le refuge de Chaumailloux qu'au dernier moment. L'ambiance
est polaire, tout givre rapidement, nous allons chercher du bois. Olivier se rapelle d'un tas de branche plus ou moins sèche qu'il avait repéré l'été dernier. Malheureusement tout cela brûle très
mal et nous n'arriverons jamais à chauffer le refuge, tout juste l'enfumer ! Nous rencontrons Patrice, un baroudeur très sympathique qui nous fait partager beaucoup de ses expériences, nous lui
racontons notre modeste parcours autour d'une belle tranche de jambon qu'il nous a offert!
Nous
découvrons un plateau dénudé, battu par les vents qui ressemble aux Causses du Massif Central avec en prime la chaîne alpine en toile de fond, instants magiques que nous apprécions le plus
possible sentant que la fin approche. Au delà du col du Creuson c'est la grande descente sur le vallon de Combeau, petit détour pour visiter l'abri de l'Essaure. Nous continuons la
descente en forêt, le plateau s'éloigne et peu à peu nous nous rapprochons de la civilisation, dommage nous nous étions bien habitués à cette vie solitaire. Pour la petite histoire, nous avons
bavardé longuement avec le propriétaire du gite de Combeau qui s'avère être originaire de Pinols un petit village situé à côté de chez nous; que le monde est petit. Nous attendons le taxi qui
nous remontera à Corrençon en finissant notre dernière ration de nourriture. C'est la fin du voyage... Une superbe expérience, parfaite pour la découverte de la vie en autonomie, nous ne
cherchions pas le défi physique mais plutôt apprécier cette vie où tout ce que l'on fait est important et doit être fait, nous avons encore beaucoup appris.