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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 14:25

Tout est dans le titre ou presque ! Escalade hivernale sur la flèche élancée qu’est l’aiguille du Moine, celle qui domine la vallée de Chaudefour. Nous avons les conditions climatiques idéales : soleil, absence de vent, températures clémentes mais reste à découvrir ce qui nous attend au contact du rocher. C’est ce qui dictera la difficulté de l’entreprise…

Départ pas trop matinal (9h00), rien ne sert de courir, attendons que le soleil chauffe un peu le rocher. La trace est bien marquée jusqu’à la forêt. C’est agréable car nous avons bien un peu les mollets tannés des petites goulottes d’hier (cf. article goulotte Etienne et goulotte Raie des fesses). Nous observons notre objectif et on voit que la neige est encore bien présente sur le rocher, il faut aller voir ça de plus près car nous voulons escalader l’arête Ouest, la voie la plus courte pour rejoindre le sommet.

4L’imposante Aiguille du Moine sous le Puy Ferrand

Nous remontons le couloir à droite du Moine, contournons l’aiguille par la gauche et remontons jusqu’au pied de l’arête Ouest. Il est presque 11h, nous sommes équipés, prêts pour l’escalade. Théo y va, pose les mains et les pieds sur le rocher et crie « merde ça passera pas », le rocher est gelé, impossible de s’y tenir dessus, la voie au-dessus semble également difficilement praticable. On est forcé à faire demi-tour, en plus, l’équipement est sommaire, juste quelques pitons en place d’après Théo.

26L’arête W de l’aiguille du Moine, bien gelée, les dalles comme les fissures

Nous avons aperçus des pitons sur la face sud en montant tout à l’heure, ça semble la seule solution pour escalader l’aiguille car cette face est bien sûr plus ensoleillée donc forcément plus sèche. Deux minutes de réflexion : nous savons qu’il existe une voie de ce côté mais on ne connaît ni l’itinéraire, ni la difficulté. A vu d’œil, ça devrait pouvoir le faire. C’est décidé, on y va.

27aLes 20 premiers mètres de la face sud

Nous creusons une terrasse dans la neige, vérifions le matériel : des pitons, un marteau, un jeu de trois coinceurs, des sangles de 120cm, un jeu de dégaines et du courage ça peut servir. Théo met les chaussons, c’est partit, il clippe le premier piton puis le second et me regarde : « ça ne va pas être de la limonade ! ». Les prises d’adhérence pour les pieds : à oublier, les bonnes prises sont humides, les petites plateformes en neige ou glace et la neige qui fond ruisselle sur le rocher. Ambiance ambiance. Il continue de grimper, puis se retrouve presque dix mètres au-dessus du 2ème piton, c’est là qu’il vaut mieux ne pas trop réfléchir. Et hop c’est parti : premier pitonnage car l’escalade devient plus dure : tic tic tic, la protection est mise en place, l’escalade continue doucement, moi je me fais parpiner de neige, de glace, d’eau en bas. Il installe une sangle autour d’un rocher pour protéger des pas délicats. Ça n’a pas l’air si facile (5c ?) ! Il retrouve un piton et continue sur plus de 10m et fait un relai sur deux coinceurs, le tirage commençait à rendre plus délicat l’escalade.

A mon tour d’y aller (je mets les grosses dans le sac au cas où), je comprends tout de suite la complexité de l’affaire, les chaussons toujours trempes, adhérence limitée, prises humides, tout ce qui est plat est recouvert de neige : l’escalade est plus difficile que je le pensais surtout dans ces conditions. Cependant le rocher n’est pas froid.

36Oliver dans la face sud du Moine : l’escalade hivernale voilà ce que ça donne !

Je rejoins Théo. Première longueur : 35m avec un relai sur une petite plate-forme qui t’humidifies bien les pieds. Théo repart en allant sur la gauche pour contourner la dalle trop raide au-dessus de nous.

40C’est parti pour la deuxième longueur

Il retrouve un piton, pas délicat, un second piton puis plus rien sur 10m. Il me gueule : « Laisses moi bien du mou, je vais traverser l’autre face (face sud-ouest), ya une vire étroite mais aucune protection, juste un piton au départ ». Ok, je vais faire au mieux. 5 minutes après : « RELAI VACHE ». Je me lance alors dans l’escalade, pas évident (ça doit bien être du 5), tout est mouillé, faut vraiment être concentré, puis j’arrive à la vire, étroite à souhait. « Put…, tout de même ». Presque dix mètres de long, heureusement qu’il y a des prises de main correctes et que la vire est sèche. Ce passage est exposé, chute interdite ! Je rejoins Théo et comprends l’affaire : il vient d’installer un relai sur pitons pour m’assurer, il ne pouvait pas continuer car il y avait trop de tirage. On vient de retrouver l’arête Ouest bien enneigée. Je m’installe plus loin en équilibre sur un relai existant enfoui dans la glace.

41L’arête Ouest impraticable

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Olivier au relai sur l’arête Ouest avant la dernière longueur de l’aiguille du Moine

C’est parti pour la dernière longueur. Théo installe un piton avant la petite dalle, taille des marches dans la dalle recouverte de neige puis escalade le dièdre de sortie (4m) en artificiel sur piton, étrier et coinceur car la fissure est gelée est les appuis de pied impossibles sur les deux côtés du dièdre. Relai vaché.

46Installation d’un piton, le marteau nous aura bien servi

A mon tour, j’enlève le piton, continu jusqu’au pied du dièdre et l’escalade en artif.

53Olivier dépitonne avant la dalle en neige

57Le dièdre de sortie franchit en artif, seule solution ce jour-là

Nous sommes tous les deux au sommet, quelle ambiance ! Nous restons contempler le paysage depuis ce belvédère qui nous aura valu une sérieuse escalade pour le gravir. Nous avons mis 3 heures !

67La vallée de Chaudefour

On tire un rappel (40m) sur la face sud-ouest, l’occasion de revoir plus tranquillement la vire de traversée (L2).

92Le rappel

On rejoint la terrasse de départ, on met les grosses et les crampons et retour au buron de Chaudefour.

99On était là-haut

Le Sancy peut réserver de belles aventures, et une hivernale à l’Aiguille du Moine est à classer dans cette catégorie. L’ascension par la face sud puis ouest peut être cotée D (Difficile) bien que l’ampleur de la course est limitée. Cependant, les conditions hivernales compliquent très nettement l’escalade et augmentent l’engagement car la voie est seulement bornée par quelques pitons. Prévoir coinceurs mécaniques et pitons pour une hivernale. Quoi qu’il en soit, l’itinéraire est intéressant et mérite le détour. L’expérience acquise dans les Ecrins nous aura bien servie ce jour-là.

Après coup nous avons consulté un ancien bout de topo : la voie dite « voie normale » est millésimée 1937 par Aspert et Belin ! Difficulté technique : L1 : V puis III, L2 : IV puis III (vire), L3 : V-. Autant dire que les cotations sont un peu sèches, plutôt 5c à mon avis de nos jours (sur pitons uniquement).

Olivier et Théo

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 21:53

Un temps clément est annoncé pendant 2 jours, une opportunité à ne pas rater car depuis le début de l’hiver les occasions se font rares entre le manteau instable et les températures pas toujours favorables. Nuit froide, jour doux, ensoleillé et goulottes formées : tout est réunit pour profiter pleinement d’une bonne journée d’alpinisme. Après un petit détour par le plaquage de glace de la Rancune la semaine passée (dans un temps misérable), nous voulons aller aux goulottes situées vers le Puy de la Perdrix : il y a 2 belles goulottes : la Goulotte Etienne (2 longueurs avec un crux sur 10m en grade IV-IV+) et la goulotte Raie des fesses (3 longueurs avec un crux sur 10m en grade IV, protections aléatoires).

Départ à 8h30, 5cm de fraîche sont tombés dans la nuit, la vallée de Chaudefour est déserte, le soleil éclaire les cimes.

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39Le secteur des goulottes

Nous allons au fond de la vallée, passons en contrebas du Moine, puis nous faisons la trace jusqu’au départ de la goulotte Etienne.

47Au premier plan, l’Aiguille du Moine plâtrée de neige, notre prochain rendez-vous

On s’équipe et Théo part dans la première longueur, je le suis quelques minutes plus tard. Une goulotte de 15m peu difficile à 70° en glace-neige mais les ancrages sont moyens sur une glace assez pauvre. Ce passage permet de se mettre dans l’ambiance, après on parcourt une large pente de neige qui mène à la cascade de glace. La première longueur fait donc un peu près 50m, l’assurage du 1er de cordée peut se faire sur corps mort si nécessaire, le second est assuré sur un relai confectionné sur broches au pied  de la cascade.

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L1 vue du bas et vue du haut

Nous sommes au départ de L2, la longueur clé. La raideur de la cascade annonce la difficulté : grade IV peut-être IV+ sur 10m, enfin c’est une question de chiffre romain, allez hop on s’y jette ! Théo est en-tête, la glace est de bonne qualité mais peu sculptée, c’est plutôt un rideau. Après la pente diminue au fur et à mesure, les difficultés aussi, on se retrouve dans la goulotte en glace. Elle est bien formée, c’est vraiment excellent, environ 30-40m pour rejoindre la sortie.

69Théo au pied de L2 de la goulotte Etienne

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La cascade de glace, grade IV sur 10m puis la goulotte

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83Olivier sort de la goulotte Etienne, on est pas bien là !

Théo a confectionné un relai sur corps mort pour L2. Nous continuons sur la pente de neige jusqu’au sommet.

80dessinPetit topo de la goulotte Etienne (2 longueurs, grade IV pour L2)

La goulotte Etienne est relativement courte, mais il faut compter presque 1h30 de marche pour rejoindre son départ depuis le parking du buron de Chaudefour. C’est un itinéraire vraiment sympa. Ça change des pentes homogènes des couloirs, la difficulté et l’ambiance est un bon cran au-dessus. Elle était en bonne condition pour nous, elle est orientée plein nord.

 

La journée ne fait que commencer, nous rejoignons à nouveau le bas du secteur des goulottes pour cette fois-ci la goulotte La Raie des fesses. C’est plus difficile (grade IV), plus long (3 longueurs), plus engagé (protections aléatoires) que les autres du secteur mais ça à l’air encore plus beau. On espère qu’on aura le niveau requis.

93La Raie des fesses, on aperçoit L1 et L2

Première impression au pied de la cascade qui marque le début de la goulotte, c’est raide !! Départ pour dix mètres en grade IV.

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104L1 : grade IV puis une pente de neige raide (50°) jusqu’au pied du second ressaut

Théo se lance, la glace casse facilement, il doit taper à plusieurs reprises pour avoir des ancrages de piolets sûrs. C’est vrai qu’il est déjà 13h passé, heureusement que la goulotte est plein nord. Ça passe, il fait relai au pied du second ressaut.

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A mon tour, c’est excellent, la glace est assez sculptée pour permettre des crochetages et se reposer lorsque nécessaire. Je rejoins Théo.

La longueur suivante (L2) est vraiment superbe, moins raide mais plus longue, la glace est assez bonne dans l’ensemble mais il faut être prudent lorsque qu’il y a glace et neige mêlées.

111Théo dans L2 : 20-25 m en glace pour grade III puis une pente de neige raide

114Olivier dans la pente de neige après la section en glace de L2

Nous avons fais un relai sur piolet au bout des 50m de corde, c’est pas évident, il n’y a pas de glace à cet endroit et la neige n’est pas très épaisse, le second doit vraiment assurer derrière car la solidité est toute relative.

La troisième longueur présente une section en glace de 10-15m de haut, la première partie n’est pas très raide et se protège bien. Mais la sortie est plus raide, étroite et la glace n’est presque pas formée, on ne réussira pas à brocher donc aucune protection, c’est engagé pour le premier de cordée ce jour-là (relai sur corps mort pour assurer le second de cordée). Nous nous sommes hissé tant bien que mal jusqu’en haut. L3 en image :

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Itinéraires chaudefourPetit topo de la goulotte La Raie des fesses (en bleu), photo de l'hiver 2009


Après 2 heures dans la goulotte, nous sommes à nouveau au sommet. La Raie des fesses est une course « difficile » (cotation D à mon avis), un grade plus élevé que la goulotte Etienne, elle est magnifique. C’est aussi un passage incontournable de la vallée de Chaudefour, sans doute un des plus beaux itinéraires du massif du Sancy, beaucoup moins fréquenté que le Val d’Enfer.

Le soleil est « descendu », c’est le moment d’entamer la descente jusqu’au buron de Chaudefour où la bière nous attend sagement…..pour préparer l’ascension de demain.

Olivier et Théo

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2 octobre 2009 5 02 /10 /octobre /2009 12:55

Partis tôt pour escalader à "Rocca Rossa" dans le Queyras, nous avons faits demi-tour lorsque nous avons vu la neige (10cm !) et les conditions météos au col Agnel. Descente dans la vallée de la Durance au site d’escalade du Ponteil pour grimper au chaud. La journée est déjà bien avancée.

La falaise de couleur jaunâtre domine la vallée de la Durance, elle est exposée Sud. On monte sur une petite route jusqu’à un village (s’arrêter vers le pont). Un petit sentier mène en 10 minutes au pied des voies.

DSC01649La vallée de la Durance depuis le site d’escalade du Ponteil

Nous connaissons l’existence d’une voie nommée « Le grand dièdre », elle est bien repérable de loin puisqu’elle suit donc un dièdre bien marqué sur la partie gauche de la falaise. Nous n’avons pas le topo total mais celui de Cambon qui décrit justement la voie du grand dièdre.

Aspect technique : - L1 : 50m en IV+ puis V+/6a, style dalle avec réglettes

                              - L2 : 45m en V+ puis V, style dalle

                              - L3 : 25m en 6a, dièdre

                              - L4 : 50m en V+, dalle

                              - L5 : 30m en V+, dièdre et petit mur vertical

Il fait très chaud on est en plein cagnard !

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Début de la voie Le grand dièdre

DSCN1158Escalade en dalle facile et intéressante

Les deux premières longueurs sont bien agréables avec un passage plus fin à la fin de la première longueur.

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Départ de L2    -    Sur la partie droite du dièdre, il y a des voies très difficiles

Nous attaquons ensuite L3, le dièdre se rétrécit, c’est la longueur la plus dure avec un 6a costaud sur 2 ressauts.

L’escalade devient ensuite plus sauvage, l’équipement est plus aéré et surtout sur piton. Les arbustes décorent la voie. Nous faisons un relai sur arbre.

DSCN1166L4

DSCN1169Fin de L4 dans un dièdre un peu herbeux

Nous entamons le final, sortie sur une grande terrasse. Il faut ensuite traverser vers la gauche par une vire jusqu’à un ressaut équipé (chercher un peu les spits) : 20m d’escalade puis nous finissons à petit pas jusqu’au sommet « du dôme ». Retour à la case départ par un petit sentier côté Ouest et trois rappels (je ne me rappelle plus exactement leur emplacement).

Le site du Ponteil doit posséder des voies difficiles, il y a pas mal de surplombs imposants. Le grand dièdre est une voie de 200m homogène dans le 5c/6a (6a soutenu) assez variée avec deux premières longueurs en dalle. La vue sur la vallée est remarquable. Le détour au Ponteil vaut le coup. Il y a aussi la voie "Le surplomb jaune", un incontournable il paraît.

Olivier & Théo

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Published by Oliv et Aurel - dans Escalade
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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 10:47

La montée au refuge de l’Aigle est si longue qu’une deuxième ascension s’imposait après celle réussie au Pic Central de la Meije le jour précédent (cf. article Doigt de Dieu ou pic central de la Meije). Nous allons ainsi profiter de la superbe météo pour gravir le fil de l’arête menant au sommet oriental de la Meije.

L’ascension est techniquement facile mais demande de l’aisance (engagement IV il me semble) et un assurage corde tendue efficace pour progresser rapidement. La cotation est F (facile) mais les conditions varient selon l’enneigement, plutôt PD à cette époque de l’année. Peu de matériel est nécessaire pour cette ascension, un brin de corde est suffisant, un piolet et des jambes « affutées »… Nous partirons donc légers, c’est agréable pour abattre les presque 500m de dénivelée séparant le refuge du sommet culminant à 3891m.

 

Après une soirée animée au refuge, nous sommes bien seuls à partir ce matin-là, tout le monde dort ! Cooker est descendu dans la vallée et Aurélien a besoin de repos. La cordée Théo-Olivier est reconstituée. Il est 6h30, nous partons du refuge pour rejoindre le glacier et le pied de l’arête. Le levé de soleil est grandiose.

La haute-montagne c’est aussi un jeu « d’ombres et de lumières »

 

Après 45 min, nous sommes à la rimaye, elle est peu ouverte et facilement franchissable (même en cette fin d’été). Nous allons suivre l’itinéraire suivant :

Itinéraire d’ascension de la Meije Orientale ce jour-là, les passages en rocher peuvent être à priori franchis différemment lorsque l’enneigement est plus important

 

Nous gravissons la courte pente assez raide en corde tendue, rien de difficile mais il faut un cramponnage fiable car la glace est bien apparente (vous pouvez éventuellement vous assurez plus solidement si vous en sentez le besoin). Nous suivons la large arête jusqu’au premier ressaut rocheux que nous gravissons au mieux par la gauche (versant Est) au départ dans des rochers stables puis par une traversée à droite en mixte sur du rocher plus délité. L’assurage se fait à l’épaule lorsque cela est nécessaire.

Départ de l’arête

Premier ressaut en rocher, l’escalade est facile mais en mixte le plus souvent

 Nous descendons dans une petite brèche avant de récupérer à nouveau le fil de l’arête qui devient de plus en plus étroit jusqu’au deuxième ressaut rocheux. L’assurage s’effectue en étant très proches l’un de l’autre, le premier de cordée tient d’une main ferme la corde pour parader toute erreur du second. Nous progressons rapidement dans le second ressaut rocheux (un piton en place) et arrivons sur la partie terminale très esthétique.

La partie finale de l’ascension

Il est à peine 8h30, nous sommes au sommet de la Meije Orientale pour profiter de la vue sur le Doigt de Dieu et sur les Ecrins que nous avons bien explorés cet été.

Panorama sur le massif des Ecrins au sud

Clin d’œil à la dernière ascension

 

Après presque 30 minutes à contempler les alentours, nous entamons la descente. Il ne faut pas trop attendre avant que le soleil ne rende la descente trop délicate. Nous descendons toujours face à la pente l’arête en neige, c’est rapide mais il faut être prudent et bien planter les 12 pointes. Les rochers se désescaladent facilement par le même chemin qu’à la montée (possibilité de s’assurer au passage le plus raide du dernier ressaut rocheux, ne pas utiliser de rappel).

 

Il est 10 heures nous sommes presque à nouveau sur le glacier. Aurélien nous observe depuis le refuge.

La cordée photographiée depuis le refuge de l’Aigle

 

Nous descendons jusqu’à la rimaye face à la pente l’un derrière l’autre, à vous de choisir votre technique d’assurage selon votre aisance dans ce genre de terrain.

Nous rejoignons le refuge après une ascension vraiment plaisante, seuls sur l’arête.

 

 

L’ascension de La Meije Orientale est incontournable vue sa beauté, elle est plus facile que celle du pic Central de la Meije mais demande d’être rapide avant que la neige de surface fonde et rende plus difficile la descente. Nous avons mis 2 heures à la montée et 1h30 à la descente sans jamais se presser. La course est donc assez courte. L’habitude de grimper avec Théo a facilité à nouveau les manips et la progression, ce qui est essentiel.

Ce séjour restera un très bon souvenir, merci à Marie pour son accueil au refuge.

 

Olivier & Théo

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Published by Oliv et Aurel - dans Alpinisme Ecrins
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 17:49

Montée au refuge de l'Aigle, 3450m

Le refuge perché sur son rocher

Le chemin d'accès

 

La montée débute au pont des Brebis, il faut prendre une petite route qui descend sur la droite 1km  après Villard d’Arêne en direction du Col du Lautaret ; il y a ensuite un parking. Le sentier monte directement à l’aplomb de ce parking, direction refuge de l’Aigle quelques 1800m plus haut ! Mieux vaut ne pas envisager la globalité du dénivelé, il faut partir doucement, le sentier est très bon au départ mais ça se gâte au fur et à mesure que nous allons prendre de l’altitude. On arrive après avoir franchi les 2000m dans un terrain de montagne, le sentier est encore bien marqué et kairné, on évolue de plus en plus souvent sur des pierriers plus ou moins instables.

Après avoir franchi un ressaut en escalade facile, on prend pied en  faite sur les restes d’un glacier entièrement recouvert de pierre, on monte dedans jusqu'à des barres rocheuses qu’il faut franchir, plutôt sur la droite, en cherchant à rejoindre l’arête, normalement il doit y avoir des balises rouges et des bâtons plantés, l’idéal est de trouver une grosse inscription « refuge de l’Aigle » (nous y sommes tombés dessus à la descente) ensuite il suffit de suivre cette arête jusqu’au début de la vire Amieux. Cette partie est la plus pourrie, attention aux chutes de pierres, apparemment chacun passe où il peut et où ça semble le meilleur, difficile de trouver la voie normale.

La vire Amieux est équipée de câbles, elle donne accès au glacier sur lequel nous prenons pied bien encordés. Les crevasses sont ouvertes, nous sommes tard dans la saison et avec cette douceur il faut être prudent sur les ponts de neige. Il faut compter 30 min de marche sur le glacier pour finir de rejoindre le refuge. La vue est imprenable sur les arêtes de la Meije et l’objectif du lendemain. Le refuge est comme on pouvait l’imaginer, simple et rustique, une seule pièce, 12 places, heureusement très bien tenu par Marie, la gardienne très sympa qui y fait un sacré boulot.

 

 

 

 

 

 

Vire Amieux, le passage qui donne accès au glacier du Tabuchet

Le panorama depuis le refuge de l'Aigle, vu sur l'objectif du lendemain

 

 

L    Le Doigt de Dieu, 3974m

 

Les cordées sont formées : Théo et Cooker, Oliv et Aurel. Nous partons au lever du jour, la trace est bien marquée, de nombreuses crevasses jalonnent la trace et une énorme nécessite un assurage, elle est assez impressionnante et le pont de neige fragile.

Au dessus nous continuons en direction de la rimaye. Nous devons attendre qu’une cordée finisse de la franchir. Nous trouvons un passage où elle est moins ouverte, par contre il n’est pas tout à fait à l’aplomb du relais et malgré les 50m de cordes il manque quelques mètres, nous faisons un relais en haut de la pente autour d’un bloc, cette pente entre 45 et 50° et tout en glace, nous posons quelques broches. Attention au mec au relais sous la rimaye, on se fait parpiner de glace ! La longueur au dessus de la pente de glace et un mixte assez facile et court, le relais au dessus est très bon.

La rimaye est très ouverte

 

 

Nous laissons crampons et piolets pour la petite traversée en rocher facile qui ne nécessite pas d’assurage, nous rejoignons en corde tendue le pied de la partie finale rocheuse. Les deux longueurs sont faciles en III mais l’ambiance est bien là, la face sud est bien gazeuse et nous approchons des 4000m ! Après ces deux longueurs on termine par du rocher facile qu’on peut faire corde tendue jusqu’au sommet.

La dernière partie rocheuse

 


360° de folie au sommet, vue imprenable sur tout le massif des Ecrins, des cordées qui terminent la traversée des arêtes depuis le refuge du Promontoire nous rejoignent.

La descente s’effectue par une succession de rappels. Attention, après avoir refait en sens inverse la traversée, le premier rappel est court, et donne accès à un bon relais sur chaine, ne pas prendre l’autre relais  sur sangle qui est à 10m plus à droite, il est pourri ! Le dernier rappel (50m) obligatoire permet de franchir la rimaye avec un joli saut en pendulant, très fun ! Retour sans encombre jusqu’au refuge, prudence toujours avec les crevasses.

Assurage conseillé sur ce pont de neige

 

Cette course est vraiment magnifique, elle est très variée et un peu engagée (à notre niveau), en fin de saison comme c’était le cas pour nous on obtient une cotation supérieure, un bon PD+ ; on bénéficie d’un rocher sec mais cependant d’un glacier crevassé et d’une rimaye très ouverte !

Le Doigt de Dieu vu de la Meije Orientale

 

Olivier, Aurélien et Théo

 

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 14:51

La traversée des arêtes de la Bruyère est un parcours de moyenne montagne, aérien, relativement court, de difficulté AD, sur un rocher de qualité avec des points de vue agréables sur les Ecrins. Nous avons choisi cette course car nous ne disposons que d’une petite journée ce week-end là. L’escalade est donnée IV+ au maximum, le plus souvent II et III. Des pitons bornent les passages les plus techniques, l’équipement à emmener est celui traditionnel d’une course d’arêtes avec une corde de 50m.

Départ matinal après une nuit à la belle étoile dans un pré. Nous montons doucement en direction de l’Alpe-du-Lauzet en admirant l’imposante Aiguillette du Lauzet et la ligne évidente qui parcourt la face (future escalade ?). La marche est agréable, nous avons des sacs plus légers que d’habitude, on suit un ruisseau et on se dirige au col de la Ponsonnière (compter 1h15 environ). De là, le départ de l’escalade est situé à deux minutes.

16Les arêtes de la Bruyère : il faut rester en permanence sur le fil de l’arête pour se faire plaisir

Le départ s’effectue dans un dièdre à l’aplomb du second gendarme, la cotation est IV+ et s’est bien patiné  (uniquement cette longueur). Nous grimpons sur la partie gauche du dièdre. La deuxième longueur mène par l’arête au sommet du grand gendarme.

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Montée à la brèche puis au sommet du second gendarme avec le lac en contrebas

Nous continuons sur le fil de l’arête en corde tendue, il y a un peu de désescalade facile puis nous sommes au sommet du troisième gendarme, l’arête est ensuite plus régulière avec une succession de petits ressauts et désescalades. C’est plutôt amusant.

42.jpgEn direction du troisième gendarme

54.jpg57.jpg64.jpgEscalade facile mais aérienne sur l’arête

Nous rejoignons alors un rappel (environ 15 m) puis l’escalade reprend en restant au maximum sur le fil de l’arête. Il y alors un passage un peu plus difficile (présence de pitons) sur une dalle raide.

72.jpg

La suite de l’itinéraire est évidente avec un second rappel puis nous arrivons à la base du dernier gendarme, nous décidons de le contourner par la droite (versant Ouest) et escaladons une cheminée (exposé) menant à son sommet. La fin peut être plus facile en contournant par la vire la totalité du gendarme.

Bilan : 1h30 d’approche, 3h30 d’escalade sans aller vite, une pose casse-croûte (tout de même) et une petite heure de descente (1 rappel de 25m marqué par un cairn en continuant depuis le sommet par l’herbe en direction du sud).

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En toile de fond : La Meije et les Agneaux

Bien sympa cette sortie, avec un soleil au rendez-vous, comme bien souvent dans les Ecrins. Il n’y a pas "l’ambiance haute-montagne" mais il suffit d’une petite journée pour se faire plaisir. Globalement, il y a 1000 m de dénivelé positif, c’est plutôt soft et c’est toujours une expérience de plus sur un terrain d’arête où il est toujours agréable de grimper. Sans oublier le panorama trois étoiles.

 

Olivier & Théo

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16 septembre 2009 3 16 /09 /septembre /2009 20:00

Bivouac au parking d’Entre-les-Aygues, montée par le vallon des Bans en suivant le torrent de Celse jusqu’au refuge des Bans à l’altitude de 2076m. Le soleil est à nouveau au rendez-vous.

DSC01348Le vallon des Bans

DSC01351Le Pic de Bonvoisin, un sommet oublié mais attirant

Initialement partis pour réaliser l’arête sud des Dents de Coste Counier, finalement nous décidons une fois au refuge de réaliser l’ascension des Dents de Coste Counier par une voie directe haute de 500m, côté D+ mais équipée sur spits (voie Cambon). Elle se nomme "Le diable par la queue". Ça nous changera des dernières ascensions.

DSC01354L’arête des Dents de Coste Counier qui se confond avec la face sud-est des Bans en arrière-plan

Nous laissons le superflu au refuge. Nous partons un peu tard, 30 petites minutes de marche suffisent pour rejoindre le début de la voie.

DSC01359Quelques points de repère dans la voie « Le diable par la queue »

Les quatre premières longueurs sont données V et V+, elles ont été plus difficiles que prévues, J-M Cambon était surement en grande forme au moment où il a ouvert. L’équipement est béton de toute façon, pas d’engagement particulier même si quelques passages sont plus difficiles. En tout cas ça a le mérite de me réveiller car aujourd’hui ce n’est pas la grande forme.

DSC01362DSC01366DSC01371

Les premières longueurs en V+

Après nous arrivons au sommet du mur raide puis nous progressons en corde tendue jusqu’au pied de la tour décollée par des dalles inclinées et des grandes vires herbeuses. Il suffit de se laisser guider par les spits. L’escalade est agréable jusqu’au sommet de la « tour décollée ».

DSC01373La tour décollée réserve deux longueurs magnifiques en V

Nous contournons par la droite puis descendons dans une petite brèche qui marque le départ des 4 dernières longueurs (III et IV). Nous accélérons la grimpe car la journée est déjà bien avancée.

DSC01386

Qu’est-ce qu’il reste à faire ?

DSC01390DSC01400

Le final de l'ascension

La vue est superbe sur le vallon des Bans et plutôt austère sur la face sud-est des Bans.

DSC01407Vue sur le vallon des Bans depuis le sommet de la 1ère pointe des Dents de Coste Counier

DSC01409Le Pic de Bonvoisin et le Pic Jocelme

Nous descendons à la brèche par un petit rappel (désescalade possible), puis un second rappel nous amène sur de grandes vires dominant d’une centaine de mètres les grandes pentes. Le soleil se couche, il faut rapidement trouver les rappels de descente, nous tournons un peu en rond puis finalement nous trouvons le premier rappel : il mène dans un étroit goulet d’où part le second rappel.

DSC01424Le second rappel s’effectue sur des blocs coincés

DSC01427Emplacement des deux derniers rappels utilisés, ça peut aider…

Poursuivre ensuite sur une grande traversée à flanc marquée par quelques cairns jusqu’à rejoindre le sentier menant au refuge.

DSC01429Coucher de soleil

L’ascension de la 1ère pointe des Dents de Coste-Counier par la voie "Le diable par la queue"est donnée D+ (difficile) mais malgré les 500m d’escalade, la voie n’est pas engagée et de nombreuses longueurs sont faciles. L’escalade est assez longue, un peu monotone parfois, la partie la plus intéressante commence à la tour décollée. Si vous avez la forme, il est possible de continuer sur la traversée des arêtes (AD) mais il faut partir tôt. Nous sommes partis depuis le parking d’Entre-les-Ayques, nous étions trop justes dans le timing. Ce vallon des Bans est magnifique et accueillant, J-M Cambon a équipé de nombreuses voies, nous pensons y revenir un jour ou l’autre.

 

Olivier et Théo

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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 20:11
Une seconde ascension dans le secteur du refuge Adèle Planchard s’annonçait comme logique pour rentabiliser l’effort fourni pour monter au refuge. Après l’ascension réussie de Tour Choisy (cf. article Tour Choisy), nous hésitons entre parcourir l’arête sud de la Pointe Brevoort et escalader Tour Carrée de Roche Méane. Finalement, nous décidons de partir pour Tour Carrée pour ne pas reparcourir la même marche d’approche et bénéficier d’un point de vue différent.

L’escalade de Tour Carrée de Roche Méane (3675m) par la voie du Plan Incliné est côté AD avec un engagement II. La hauteur de l’itinéraire est de 300m et présente des styles d’escalade variés : dalle, traversée, cheminée et arête. L’escalade est de difficulté 3 le plus souvent et 4b au plus difficile (4b à l’ancienne !).

Le matériel requis reste identique à celui de Tour Choisy, quelques pitons jalonnent le plan incliné, la traversée et le couloir du « Mauvais Pas ».

Tour Carrée de Roche Méane avec le Plan Incliné à gauche

Nous partons à 6 heures le matin, nous rejoignons le pied du plan incliné facilement repérable depuis le glacier Supérieur des Agneaux. Nous laissons sur une petite terrasse tout le matériel inutile pour la suite : crampons, piolets et bâtons de marche. A 7 heures, nous débutons les choses sérieuses.
L’escalade du Plan Incliné est effectué en trois longueurs jamais difficiles sauf pour la sortie qui s’effectue dans un surplomb dominant une petite cheminée Un pas de 4b protégeable nous oblige à s’appliquer pour passer sans s’emmêler les pinceaux. Les relais s’effectuent sur des cordelettes à renforcer si besoin.
 Le plan Incliné commence à être éclairé par les rayons du soleil

Olivier à la sortie du surplomb

Nous continuons alors corde tendue par un petit ressaut permettant de rejoindre l’arête courte et facile. Au bout de l’arête nous descendons légèrement pour rejoindre le centre du grand couloir. Nous le gravissons par un éperon de rochers brisés jusqu’à la brèche Romantique (3618m).
Le plus compliqué est de tester la solidité des rochers et d’éviter les chutes de pierre assez fréquentes. Ce passage est assez pénible, nous ne nous y attardons pas. La brèche offre une superbe vue sur la Meije et le Pic Gaspard.

Les faces sud du pic du Glacier Carré, du Grand pic de la Meije, du Doigt de Dieu, de la Meije Orientale, du Pavé et du Pic Gaspard (de gauche à droite) vues depuis la brèche Romantique

Nous débutons la traversée en face sud. Le premier pas d’escalade délicat est assez impressionnant mais il y a un piton pour clipper une dégaine. Nous continuons la progression mais nous ne prenons pas exactement le bon itinéraire. Cette variante nous oblige à un pas difficile en adhérence, et en plus notre relais sur coinceurs n’est pas tiptop. Théo est satisfait de pimenter un peu la course…
Olivier sort de la variante, il y a du gaz dessous…

Nous continuons la traversée jusqu’à un cairn qui marque le départ du couloir menant au sommet. Théo s’élance dans le couloir du « Mauvais Pas » et rejoint son sommet, l’escalade est soutenue à priori. A mon tour, je confirme que le 4b est bien serré mais ça vaut le coup d’être là-haut. Le passage du « Mauvais Pas » est « technique ».
Théo escalade le couloir final Pour rejoindre le sommet


Nous passons à droite et grimpons sur l’arête par un pas assez aérien. La voie normale passe à gauche selon toute vraisemblance mais à droite ça passe donc aussi. Nous traversons chacun notre tour l’arête jusqu'au premier rappel de descente. L’arête est splendide, effilée, perchée au dessus de l’austère face nord.
Nous avons tiré une longueur de 50 mètres. Il faut être prudent pour enjamber les gros blocs qui sont parfois instables. Concentration de rigueur après plusieurs heures d’escalade !

Olivier en équilibriste sur l’arête de Tour Carrée de Roche Méane

Nous effectuons 4 rappels successifs à renforcer si nécessaire pour rejoindre dans un premier temps le couloir menant à la brèche. On peut descendre en rappel dans celui-ci ou le désescalader. Puis nous desescaladons l’arête (facile) chacun à son rythme et rejoignons le départ par des rappels dans le plan incliné.

Théo au retour sur l’arête dominant le plan incliné

En 30 minutes, nous rejoignons le refuge Adèle Planchard par le glacier.

Pour l’ascension de Tour carrée de Roche Méane, il est nécessaire d’avoir au minimum des sangles avec mousquetons, 3 coinceurs mécaniques, un jeu de dégaines et le matériel classique (corde 2X50m).
La course est d’un intérêt moyen pour sa beauté mais elle est assez formatrice à mon avis pour l’utilisation de la corde et la diversité du terrain de jeu. Le rocher est globalement bon, l’itinéraire pour arriver au sommet est astucieux et la petite arrête sommitale réserve une belle surprise. Ce jour-là, nous étions seuls, un zest d’aventure nous à accompagner durant la course, bien loin des multiples cordées arpentant la voie normale de la Grande Ruine.

Bilan : 1h d’approche, presque 5h d’escalade (nous avons été lents), 3h30 pour les rappels et le retour au refuge. J’avais choisi de grimper en chaussons pour être plus à l’aise et en plus j’ai pu laisser les chaussures d’alpinisme au départ de l’itinéraire. Théo a grimpé en grosses sans souci.


Tour Carrée de Roche Méane vue au retour depuis le Plan de l’Alpe au bord de la Romanche

Olivier & Théo
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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 12:15

Ce sommet n’est sûrement pas le plus connu mais son escalade par la face Est sur 300m de haut promet d’être remarquable, les topos n’en disent que du bien : « escalade variée sur une facette fort raide (rocher compact et excellent), soutenue dans le 3c/4b ». La course est cotée Difficile-, l’engagement est III et il y a des pitons en place dans les passages les plus difficiles.

Avant de se lancer dans l’ascension de Tour Choisy qui culmine à 3671m, nous devons monter au refuge Adèle Planchard. Quel calvers, ce sentier est interminable surtout que nous portons des sacs hyper chargés. Hé oui, nous montons une fois de plus le packtage de bouffe, pour trois jours cette fois-ci. Nous avons décidés de rentabiliser la montée en effectuant une seconde course après Tour Choisy. Nous avons mis plus de 5 heures pour monter, le décor est magnifique avec une vue sur la face nord de Roche Faurio et le couloir du même nom.

 

Le lendemain, nous déjeunons avec tous les gens qui partent pour l’ascension de la Grande Ruine (la course facile du secteur) puis nous rejoignons à nouveau les dortoirs en attendant que le jour se lève. Il est 6 heures, nous allons sur le Glacier Supérieur des Agneaux en direction de l’Ouest jusqu’au col des Neiges (3348m), là nous apercevons le magnifique obélisque de Tour Choisy déjà au soleil.

Le glacier Supérieur des Agneaux au petit matin

Nous descendons aussi bien que possible dans les éboulis jusqu’au glacier de la Casse déserte et avançons à flanc jusqu’à l’attaque de Tour Choisy. Nous escaladons dans des rochers tout pourris jusqu’au névé où nous allons laisser piolet, crampons et chaussures pour s’alléger au maximum.

L’imposante face Est de Tour Choisy observée depuis le col de Neiges : 300m d’escalade en 8 longueurs

Le col des Neiges vu depuis le névé de Tour Choisy

Il est 8 heures, nous contournons le névé par la gauche puis Théo s’élance dans la première longueur qui est facile, il y a un peu de recherche d’itinéraire, le but étant de rejoindre (en 2 longueurs à peu près) une terrasse située à la base de la seule grande cheminée ascendante qui raye en oblique à gauche la face Est. Nous mettons en place quelques coinceurs.

Le départ de l’itinéraire, l’escalade est facile

Nous nous élançons alors successivement dans la magnifique rampe qui mène en 1 ou 2 longueurs à une brèche sur l’arête Est/Sud-Est. Certains passages sont bien raides mais jamais très difficiles. Les prises sont grosses et le rocher excellent. Il y a des pitons le long de la rampe mais c’est bien de placer un ou deux coinceurs en plus.

La rampe oblique

Nous effectuons l’escalade en tirant des longueurs. Depuis le sommet de la rampe, il faut traverser la face Est sur 50m. La cotation est 3b. Ce passage est le plus beau, assez aérien et peu protégé, l’ambiance est excellente !


Olivier dans la traversée de la face Est


Nous grimpons un petit passage surplombant puis continuons l’escalade dans un couloir qui s’élargit de plus en plus. Il y a deux longueurs comme ça, ce sont les moins intéressantes, attention à ne pas décrocher des pierres qui tomberaient inexorablement sur les cordées situées ci-dessous (s’il y en a).

Théo s’élance dans la dernière longueur où la cheminée se referme, il y a un piton je crois. La météo tourne au mauvais. Le final est très ludique et la sortie s’effectue directement au sommet.

Théo dans la dernière longueur


Olivier sous la sortie

 

Au sommet, on se dépêche de débuter le premier rappel car les nuages sont menaçants. On aperçoit même pas la Meije mais juste le Pic Bourcet situé juste à côté.

Sommet de Tour Choisy et rappel de descente

 

Pour la descente, il n’y a pas besoin de faire la traversée en sens inverse, un rappel intermédiaire permet de descendre directement dans la face. Nous avons réussis à coincer 2 rappels dans la première partie, après coup je vous conseille de désescalader l’avant dernière longueur.

Après 1h30 de rappel, nous retrouvons nos affaires et descendons en rappel la partie pourrie de départ et franchissons la rimaye. Encore 1h30 et nous arrivons au refuge.

 

L’ascension de Tour Choisy par cet itinéraire est intéressante, l’escalade est assez verticale par endroit mais il faut bien observer les prises pour passer délicatement sans s’épuiser. L’itinéraire n’est pas compliqué. La traversée gazeuse. Nous n’avons presque pas escaladé corde tendue. Des dégaines, des sangles de 120 cm et 3 coinceurs permettent de parcourir la face. Nous garderons un très bon souvenir de cette ascension, une expérience de plus dans notre bagage…

Bilan : 1h30 d’approche, 4h d’escalade, 1h30 de rappel et 1h30 pour le retour puis une bonne bouffe en arrivant. Demain, ce sera finalement l’ascension de la Tour Carrée de Roche Méane ;-).


Olivier & Théo

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 17:22


Départ de Pralognan la Vanoise

4 jours du 13 au 16 août 2009

Distance totale : 67km

D+ : 5400m

Météo : grand beau, chaud.




Jour 1. Les Fontanettes – Refuge de l’Arpont : 20km, 7h00, D+ 1500m, D- 800m.

















La Grande Casse


Départ du parking juste au dessus de Pralognan, il se situe à environ 1500m d’altitude, il suffit ensuite de suivre le balisage du GR et les nombreux panneaux qui indique le refuge du col de la Vanoise, ce sera la partie la plus difficile de la journée. Les paysages sont superbes, nous passons au pied de l’Aiguille de la Vanoise où de nombreux grimpeurs sont dans les voies, nous longeons également la Grande Casse et son superbe glaciers des Grands Couloirs, on constate sont recul et la voie normale n’est pas du tout en condition c’est tout en glace et sacrément crevassé.


Nous continuons sur un sentier plus plat, nous laissons le refuge de la Vanoise sur notre droite et poursuivons en direction de plusieurs lacs. Après le blockhaus le sentier part en balcon à une altitude constante ou presque, c’est agréable sauf la traversée du gros pierrier.





Nous passons sous le Mont Pelve et sa calotte de glace. Toujours de jolis lacs et torrents, belle ambiance. Le refuge de l’Arpont pointe le bout de son nez, il est accroché sur une moraine, au loin une superbe cascade dévale les flancs du Dôme de l’Arpont.

Refuge de l'Arpont


Ce refuge est fréquenté, placé à un endroit stratégique beaucoup de randonneurs s’y arrêtent, quelques alpinistes aussi pour l’Arpont. Repos bien mérité, douche glaciale ! et balade jusqu’au lac glaciaire de l’Arpont après le dîner. La nuit est agitée, beaucoup de monde et on étouffe vite.

Dôme et glacier de l'Arpont



Jour 2. Refuge de l’Arpont – Refuge de la Fournache : 17km, 6h00, D+ 1200m, D- 1100m.


La Dent Parachée


Départ dans la fraicheur du matin, après une nuit un peu chaotique, nous ne nous pressons pas, l’étape est courte. Le sentier surplombe en permanence la vallée de la Maurienne, nous la longerons en balcon toute la journée, ce qui fait que la rando n’est pas difficile, il y a réellement qu’une seule montée un peu plus dur sur les flancs de la Dent Parrachée.

Sentier en balcon


A mi parcours le décor change et l’environnement devient sec, on est exposé plein sud, plus d’eau dans les torrents, herbes jaunies,  quelques pins poussent sur un sol devenu calcaire, on se croirait dans les Alpes de Haute Provence !

Face sud de la Parachée


Nous arrivons au dessus d’Aussois et le décor redevient savoyard, nous pénétrons dans le  vallon qui mène au fond d’Aussois, le refuge de la Fournache n’est plus très loin, il surplombe 2 lacs de barrages.

Lac du Vallon d'Aussois


Ce refuge privé est superbe, quasiment neuf il offre un bon confort, de plus le vallon compte 4 refuges sur 2km donc pas sur fréquentation. Nous prendrons une bonne douche chaude et passerons une bonne nuit réparatrice.


Jour 3. Refuge de la Fournache – Refuge de la Valette: 20km, 8h30, D+ 1900m, D- 1700m.


La veille le gardien de la Fournache nous annonce 10h00 pour rejoindre la Valette, en plus nous comptons faire le petit détour à la Pointe de l’Observatoire, la journée s’annonce longue !
















Fond d'Aussois


Nous quittons le refuge à 8h00 en direction du Fond d’Aussois, nous attaquons le Col d’Aussois qui est à plus de 2900m, le premier gros morceau de la journée, le soleil tape déjà fort et il nous accompagnera toute la journée. Au col nous laissons les sacs et partons pour grimper la Pointe de l’Observatoire et passer la barre des 3000m. De là haut la vue est superbe, les arêtes effilées de la Pointe de l’Echelle, l’aiguille de Péclet et de Polset, au loin les Ecrins, de l’autre côté le Mont Blanc étend ses arêtes enneigées. Nous apercevons une bonne partie du chemin qui nous reste à parcourir, ça promet ! au loin on devine la montée finale au refuge.


















C’est reparti pour une longue descente jusqu’à un torrent, ensuite le sentier zig zag en balcon au dessus de la vallée des Prioux, certains d’ailleurs s’arrêtent ici, pour nous il reste encore une étape le lendemain. Nous sommes dominés par les glaces de la Vanoise, des séracs immenses surplombent d’immenses falaises d’où dévalent des cascades.

Séracs suspendus


Refuge de la Valette


Nous arrivons dans le cirque du Nant, à environ 2200m, il reste à montée au col de la Valette à 2600m, en fin de journée et en plein soleil, cette montée est un véritable rempart. Nous sommes heureux de découvrir les 3 petits bâtiments qui forment le refuge de la Valette, nous arrivons assez tôt et nous pouvons nous poser, prendre une douche, se tartiner de créme, boire etc, ses moments de contemplation et de calme font un bien immense après de longues heures à crapahuter au soleil. Le soir nous admirons un superbe coucher de soleil depuis le lac qui est au dessus du refuge.  Beaucoup d’alpiniste dans ce refuge, il parte sur la voie normale du Dôme de Chasseforêt, de notre côté de lever est programmé pour 7h30 !




Jour 3. Refuge de la Valette - Pralognan: 9km, 4h00, D+ 600m, D- 1600m.



Sans se presser nous quittons notre dernier refuge, l’étape est courte et nous décidons de marcher doucement et de faire une journée « contemplation ». Nous prenons l’itinéraire des cirques, Petit et Grand Marchet. C’est très sauvage et nous ne croisons pas grand monde, il y a une seule montée, celle du col du Grand Marchet, relativement courte, la descente par contre est un petit peu périlleuse sur les premiers mètres, le rocher est pourri et file sous les pieds, prudence. Le reste se résume à une inexorable descente dans la vallée, c’est presque triste après tant de bons moments passés en altitude.






En conclusion, ce Tour des Glaciers de la Vanoise emprunte des sentiers fréquentés, bien balisés et sans aucune difficulté, les montées sont raisonables; le plus éprouvant a été le soleil et la chaleur, mais peut-on se plaindre du beau temps en montagne ?!!! On marche en permanence au dessus de 2000m et on peut même faire un 3000 avec la Pointe de l'Observatoire (3015m). Il existe de nombreuses variantes, tours et détours, 4 jours semblent un bon compromis pour avoir le temps d'apprécier.











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