Olivier à la sortie du surplomb
Nous continuons alors corde tendue par un petit ressaut permettant de rejoindre l’arête courte et facile. Au bout de l’arête nous descendons légèrement pour rejoindre le centre du grand
couloir. Nous le gravissons par un éperon de rochers brisés jusqu’à la brèche Romantique (3618m).
Le plus compliqué est de tester la solidité des rochers et d’éviter les chutes de pierre assez fréquentes. Ce passage est assez pénible, nous ne nous y attardons pas. La brèche offre une
superbe vue sur la Meije et le Pic Gaspard.
Les faces sud du pic du Glacier Carré, du Grand pic de la Meije, du Doigt de Dieu, de la Meije Orientale, du Pavé et du Pic Gaspard (de gauche à droite) vues
depuis la brèche Romantique
Nous débutons la traversée en face sud. Le premier pas d’escalade délicat est assez impressionnant mais il y a un piton pour clipper une dégaine. Nous continuons la progression mais nous ne
prenons pas exactement le bon itinéraire. Cette variante nous oblige à un pas difficile en adhérence, et en plus notre relais sur coinceurs n’est pas tiptop. Théo est satisfait de pimenter
un peu la course…
Olivier sort de la variante, il y a du gaz dessous…
Nous continuons la traversée jusqu’à un cairn qui marque le départ du couloir menant au sommet. Théo s’élance dans le couloir du « Mauvais Pas » et rejoint son sommet, l’escalade est soutenue à
priori. A mon tour, je confirme que le 4b est bien serré mais ça vaut le coup d’être là-haut. Le passage du « Mauvais Pas » est « technique ».
Théo escalade le couloir final Pour rejoindre le sommet
Nous passons à droite et grimpons sur l’arête par un pas assez aérien. La voie normale passe à gauche selon toute vraisemblance mais à droite ça passe donc aussi. Nous traversons chacun notre
tour l’arête jusqu'au premier rappel de descente. L’arête est splendide, effilée, perchée au dessus de l’austère face nord.
Nous avons tiré une longueur de 50 mètres. Il faut être prudent pour enjamber les gros blocs qui sont parfois instables. Concentration de rigueur après plusieurs heures d’escalade !
Nous effectuons 4 rappels successifs à renforcer si nécessaire pour rejoindre dans un premier temps le couloir menant à la brèche. On peut descendre en rappel dans celui-ci ou le désescalader.
Puis nous desescaladons l’arête (facile) chacun à son rythme et rejoignons le départ par des rappels dans le plan incliné.
Théo au retour sur l’arête dominant le plan incliné
En 30 minutes, nous rejoignons le refuge Adèle Planchard par le glacier.
Pour l’ascension de Tour carrée de Roche Méane, il est nécessaire d’avoir au minimum des sangles avec mousquetons, 3 coinceurs mécaniques, un jeu de dégaines et le matériel classique (corde
2X50m).
La course est d’un intérêt moyen pour sa beauté mais elle est assez formatrice à mon avis pour l’utilisation de la corde et la diversité du terrain de jeu. Le rocher est globalement bon,
l’itinéraire pour arriver au sommet est astucieux et la petite arrête sommitale réserve une belle surprise. Ce jour-là, nous étions seuls, un zest d’aventure nous à accompagner durant la
course, bien loin des multiples cordées arpentant la voie normale de la Grande Ruine.
Bilan : 1h d’approche, presque 5h d’escalade (nous avons été lents), 3h30 pour les rappels et le retour au refuge. J’avais choisi de grimper en
chaussons pour être plus à l’aise et en plus j’ai pu laisser les chaussures d’alpinisme au départ de l’itinéraire. Théo a grimpé en grosses sans souci.