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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 07:04

Je suis seul aujourd’hui, les températures se réchauffent progressivement de jour en jour, la glace fond. Je décide donc d’aller à Chaudefour pour réaliser une classique. Il n’y a personne dans toute la vallée.

La pente centrale du Puy Ferrand (ou couloir central du Ferrand) mène directement depuis le fond de la vallée de Chaudefour au sommet du Ferrand. La cotation est PD, rien de difficile mais on peut trouver le couloir assez long en début de saison.

 

Je débute sur les chapeaux de roue dès l’entame du couloir car les pierres rebondissent. Je surveille donc en permanence au dessus-de moi. Je contourne le ressaut en glace au 1/3 de la pente, il n’est pas assez formé.

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Le Puy Ferrand : faible enneigement

 

A mi-pente, la neige est moins compacte.

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A mi-pente

 

Plus je monte, plus la neige est top, les chutes de pierre disparaissent. La pente se redresse nettement sur les 50-100 derniers mètres. Je franchis facilement la corniche encore peu formée à cette époque.

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Pente centrale du Puy Ferrand ou Directe Est

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Je retourne dans la vallée par le sentier des crêtes avec un petit détour par les pistes pour ramener une skieuse en difficulté au Puy de la Perdrix…

 

L’ascension du couloir central du Ferrand est relativement facile. J’ai mis 2 heures depuis le parking du buron pour rejoindre le sommet. Il faut être prudent selon les conditions d’enneigement et la stabilité du manteau neigeux. Des plaques à vent se forment facilement sur cette face orientée Est.

 

Olivier

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 08:04

La journée a débutée sur les contreforts du Redon, elle se continue dans le magnifique cadre des Aiguilles du Diable en face Nord-Ouest du Puy de Sancy.

Nous contemplons les Aiguilles depuis un promontoire et décidons de choisir l’itinéraire qui apparaît le plus en condition.

Copie de DSC04944

Les Aiguilles du Diable, en bleu : l’itinéraire parcouru

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Les Aiguilles du Diable vues depuis le bas

 

Nous attaquons l’ascension par un ressaut facile en glace. Quelques pierres dévalent.

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Départ de l’itinéraire par un ressaut facile en glace

 

Nous progressons tout le long en corde tendue dans une faible pente alternativement en glace et en neige.

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Nous arrivons à l’aplomb des rochers. Une ligne mixte se dessine tout droit mais c’est peu fourni en glace. Nous optons corde tendue pour le ruisseling (succession de ressauts faciles en glace) sur une centaine de mètres qui va nous mener sur une pente de neige.

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Ruisseling

Le sommet est en vue.

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Wendy : sortie en vue !

Nous terminons par un mixte neige-herbe assez raide sur 20m sans difficultés techniques (mais non protégeable) en sortant tout droit au sommet de la pente de neige. Il y a un relai au sommet.

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Sortie en mixte tout près du Puy de Sancy

 

L’itinéraire parcouru dans les Aiguilles du Diable est agréable, sans difficultés particulières, les multiples sections en glace l’ont rendu plus ludique qu’en véritables conditions neigeuses. La sortie en mixte permet de déboucher au plus prés du sommet du Sancy. La cotation globale doit être PD, peut-être PD+ avec de la glace + sortie mixte.

 

Olivier, Wendy, Théo

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 06:45

Enfin ! Enfin j’ai pu réaliser la goulotte Redondance (AD-) située sur les contreforts du Redon  dans le Val d’Enfer. L’hiver dernier, j’avais souvent fréquenté la vallée de Chaudefour (normal c’est plus beau et c’est plus calme) et je n’avais pas vraiment mis les pieds côté Mont-Dore.

Cette fois Wendy fait cordée avec moi. Théo est de la partie mais vues ses ascensions à répétition et plus difficiles depuis quelque temps, il va « randonner » tout seul la goulotte.

La goulotte Redondance est située à gauche du couloir Collangettes, elle débute dans un cône de neige qui se resserre pour former une ligne plus étroite.

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Direction les contreforts du Redon

 

Les conditions actuelles : très peu de neige, un coup de froid. Les conditions s’avèrent idéales pour pimenter l’ascension et rendre cet itinéraire plus raide que l’indique le topo.

Nous rejoignons par un court mixte facile et le goulet en neige (L1:50m) un relai rive droite juste avant un ressaut de 5m en glace.

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L1 depuis le relai R1

 

Je grimpe la partie en glace (70° sur 5m dans L2) puis une pente en neige jusqu’au second relai bien solide (en rive gauche).

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Fin de L2 vue depuis le relai R2

 

La goulotte continue ensuite sur l’autre rive et devient plus étroite. Cette troisième longueur est la plus belle. Les conditions actuelles la rende (je pense) plus difficile que lorsque l’enneigement est « normal ». L'escalade débute par un mixte en s’aidant surtout du rocher puis continue par un petit filet de neige jusqu'à un court ressaut. Je rejoins alors le petit col. Relai sur barre de fer !

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La troisième longueur de Redondance dans un style mixte

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Wendy en termine avec L3

 

Nous ne pouvons continuer par l’arête, l’enneigement est trop faible, nous traversons sur la droite puis en diagonale ascendante dans un mixte en rocher pourri mais bien pris dans le gel, ce qui offre des crochetages de qualité. Aucune protection envisageable sur 30m. Nous rejoignons alors l’arête en diagonale ascendante à gauche jusqu’à une nouvelle barre de fer (relai dessus + sur dôme de terre).

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L4 en mixte

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Le final est alors facile en corde tendue jusqu’à la ligne de crête. Nous mangeons puis rejoignons le sommet du Redon par l’arête.

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En haut du Redon

 

La goulotte Redondance est la plus classique du Val d’Enfer. Elle était assez « sèche », ce qui a relevé sa difficulté mais elle est courte et ne présente pas de passages inclinés à plus de 70°. Les relais sont bien installés et on peut bien se protéger, mise à part notre L4 mais c’était dû au manque de neige.

Bonne matinée sans vent glacial !


Olivier et Wendy

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 11:15

Tout simplement EXTRA ! A mon avis, l’un des plus beaux itinéraire hivernal du Sancy ! Qui osera dire le contraire ? Une ligne esthétique, cachée dans les entrailles du Dôme, une véritable ambiance goulotte dont l’ascension impose un beau combat technique.

La glace, la neige, le rocher, la terre, l’herbe : les styles de terrain et de grimpe sont variés, tout comme les moyens de protection : broches, pitons, coinceurs. Nous estimons la cotation à TD dans son ensemble pour des conditions glace/neige excellentes.

Retour sur une journée « d’un autre temps »…

Remise en lueur par la cordée de Sancy ascension, ouverte apparemment par Vimal en 1937, nous avions contemplé quelque fois cette ligne et étions bien motivés pour aller s’y frotter. L’enneigement abondant des 20 derniers jours et les températures négatives depuis 1 semaine ont mis l’itinéraire en condition, c’est le moment d’y aller.

L1 débute par un petit ressaut et une pente de neige/glace compacte (1 piton en place), ensuite il y a un passage technique en glace épaisse à 70° max sur 10m puis une pente de neige pour aller jusqu’à R1 (sur arbuste).

DSC03062Départ de la goulotte Vimal

DSC03069 Le début de L1

DSC03077Section en glace dans L1

Nous apercevons le bloc coincé de L2 une dizaine de mètres plus haut, ça ne semble pas évident ! Allons voir de plus près. Un coinceur dans une fissure, 2 pitons à gauche du bloc coincé agrémentés de deux dégaines explose et le crux de la goulotte Vimal est assez bien protégé. Nous faisons l’un après l’autre les crochetages de piolets dans un large trou herbeux, puis on se hisse avec les jambes en opposition sur les parois rocheuses de la goulotte, quelques coups de piolet dans la glace et une sortie bien physique permettent d’en découdre avec ce verrou. UN GRAND MIXTE AUVERGNAT ! Ouf c’est passé, le plus dur est de s’y engager. Difficulté estimée à 5+/6a peut-être.

DSC03087Avant le bloc coincé dans la deuxième longueur

DSC03094Le franchissement du bloc coincé, passage technique impressionnant et atypique

DSC03097Le trou du bloc coincé, confirmation : ça ne passe pas dessous

L2 continue par un nouveau pas délicat sur 3m non protégeable (chute interdite), une fine et étroite goulotte, un zigzag entre les rochers puis une pente de neige qui mène à un second relai que nous avons installés sur pitons dans une petite fissure à droite.

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Glace, rocher, herbe dans L2, c’est plus raide qu’il n’y paraît !

DSC03101Arrivée au relai de L2

DSC03118Chaudefour depuis la goulotte Vimal

Nous entamons la troisième et dernière longueur : un ressaut non protégeable assez délicat mais très court nous amène sur une pente de neige jusqu’au second bloc coincé. Mais cette fois on peut passer dessous : c’est génial ! Un peu de renfougne pas bien difficile (1 piton en place) mais bien amusant permet de passer par le trou. On rejoint le sommet de la Vimal (1 piton en place) quelques mètres plus haut par un ressaut facile en neige/glace.

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    Ressaut dans L3 non protégeable (vu du bas)                                     Vu du haut

DSC03122L’arrivée au second bloc coincé dans L3

DSC03127Style renfougne au bloc coincé

DSC03125L3 vue depuis le bloc coincé

52 tracéLa goulotte Vimal au Dôme, observée 2 mois plus tôt


Le Sancy nous surprend encore, la goulotte Vimal est là pour nous le prouver. Un itinéraire qui deviendra peut-être un passage incontournable pour tout alpiniste auvergnat, un peu à l’image de la Dent de la Rancune pour le falaisiste. Je m’enflamme peut-être mais allez-y vous ne serez pas déçus.

La goulotte Vimal, c’est presque 150m d’escalade sur glace, neige, mixte dans une véritable ambiance montagne et avec des difficultés particulières, les blocs coincés et la renfougne. Attention tout de même, la cotation est estimée à TD (Très Difficile) donc comme ça l’indique mieux vaut avoir fait ses armes avant de « s’y jeter ». Nous avons eu d’excellentes conditions, cela me semble indispensable pour réussir l’ascension dans son intégralité (les difficultés de L2 pouvant être shuntées mais cela perd tout son charme…).

Le matos minimum : 2 broches courtes, 4 pitons, 2 coinceurs, 2 dégaines explose et les outils classiques.

 

Olivier et Théo

DSC03131-copie-1La cordée en haut de la Vimal

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 16:38

Après un bon coup de froid de quelques jours (bien rare cet hiver) et un gros redoux annoncé, nous décidons d’aller visiter le Cantal et découvrir une pratique de l’escalade sur glace un peu particulière : le ruisseling, cela consiste à remonter un petit cours d’eau pris par la glace. Des températures très négatives sont donc plutôt conseillées pour le ruisseling surtout si le ruisseau a un débit important.

Grand soleil aujourd’hui ! Nous sommes 3 : Olivier, Théo et Wendy une amie qui souhaite s’initier à la cascade de glace. Le ruisseling en question est situé dans la vallée de l’Alagnon, rive gauche, au-dessus du hameau de la Bourgeade (au début de la montée à la station de ski du Lioran). Il faut traverser le hameau et marcher 5 min sur le chemin jusqu’à un réservoir d’eau. C’est là le début. La suite nous allons la découvrir. Ne lisez pas la suite du reportage si vous souhaitez découvrir au fur et à mesure le ruisseling !

Première observation, le ruisseau n’est pas totalement gelé ; première sensation, il ne fait pas si froid que ça ! Bon, nous continuons par la rive jusqu’à rencontrer une succession de trois ressauts. Seconde observation : c’est beau ! Nous frappons la glace : seconde sensation : c’est plutôt moyen mais ça devrait le faire.

DSC02622Premier obstacle du ruisseling, trois ressauts faciles

Nous allons grimper en flèche comme nous sommes trois, nous tirerons toujours des longueurs dans les ressauts et cascades de glace car la glace est assez cassante et les sorties des ressauts sont pauvres. Par contre, c’est plus engagé pour le premier, glace trop pauvre pour brocher, mieux vaut être sûr de ses ancrages. Les relais sont tops. Une sangle autour d’un arbre et le tour est joué.

DSC02640DSC02645DSC02648

DSC02631Wendy assure avec brio

Nous continuons par une grande pente inclinée en neige puis en glace. C’est toujours aussi beau et toujours aussi fin en glace.

Ensuite, nous arrivons devant une cascade d’environ 15 m de hauteur : grade III peut-être. Après quelques coups de piolet, nous décidons de la contourner par une mini-goulotte entre rochers, arbres et terre car la glace est trop fragile.

DSC02670Second obstacle répertoriable

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Goulotte fine à gauche de la cascade avec deux ressauts

Un peu de marche, nous arrivons à une autre cascade (10m), il est l’heure de la franchir, d’ailleurs je décolle une énorme assiette. Ce sera la dernière.

DSC02690DSC02697

Le ruisseling est un concept vraiment sympa, on découvre l’itinéraire au fur et à mesure de la progression. L’environnement est agréable dans les bois avec le bruit du ruisseau. C’est ludique, peu difficile et idéal pour se faire plaisir sans s’exploser les bras, certains passages peuvent cependant demander de l’engagement si comme nous l’épaisseur et la qualité de glace était moyenne. Lorsque tout le ruisseau est en glace ça doit être encore plus intéressant, pour info l’orientation est sud.

 

La journée n’est pas finie, nous rejoignons la rive droite de l’Alagnon, après 30 min nous entrons dans un petit canyon qui va nous mener à la cascade du Passadou (site cantalpinisme pour l’accès).

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La cascade du Passadou est nichée dans un petit cirque dans la forêt, c’est silencieux, belle ambiance ! Elle fait 30 mètres de haut et la difficulté est grade III (sur la gauche) à grade IV+ (sur la droite). Glace de meilleure qualité cette fois-ci.

DSC02714La cascade du Passadou

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Olivier et Théo

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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 14:25

Tout est dans le titre ou presque ! Escalade hivernale sur la flèche élancée qu’est l’aiguille du Moine, celle qui domine la vallée de Chaudefour. Nous avons les conditions climatiques idéales : soleil, absence de vent, températures clémentes mais reste à découvrir ce qui nous attend au contact du rocher. C’est ce qui dictera la difficulté de l’entreprise…

Départ pas trop matinal (9h00), rien ne sert de courir, attendons que le soleil chauffe un peu le rocher. La trace est bien marquée jusqu’à la forêt. C’est agréable car nous avons bien un peu les mollets tannés des petites goulottes d’hier (cf. article goulotte Etienne et goulotte Raie des fesses). Nous observons notre objectif et on voit que la neige est encore bien présente sur le rocher, il faut aller voir ça de plus près car nous voulons escalader l’arête Ouest, la voie la plus courte pour rejoindre le sommet.

4L’imposante Aiguille du Moine sous le Puy Ferrand

Nous remontons le couloir à droite du Moine, contournons l’aiguille par la gauche et remontons jusqu’au pied de l’arête Ouest. Il est presque 11h, nous sommes équipés, prêts pour l’escalade. Théo y va, pose les mains et les pieds sur le rocher et crie « merde ça passera pas », le rocher est gelé, impossible de s’y tenir dessus, la voie au-dessus semble également difficilement praticable. On est forcé à faire demi-tour, en plus, l’équipement est sommaire, juste quelques pitons en place d’après Théo.

26L’arête W de l’aiguille du Moine, bien gelée, les dalles comme les fissures

Nous avons aperçus des pitons sur la face sud en montant tout à l’heure, ça semble la seule solution pour escalader l’aiguille car cette face est bien sûr plus ensoleillée donc forcément plus sèche. Deux minutes de réflexion : nous savons qu’il existe une voie de ce côté mais on ne connaît ni l’itinéraire, ni la difficulté. A vu d’œil, ça devrait pouvoir le faire. C’est décidé, on y va.

27aLes 20 premiers mètres de la face sud

Nous creusons une terrasse dans la neige, vérifions le matériel : des pitons, un marteau, un jeu de trois coinceurs, des sangles de 120cm, un jeu de dégaines et du courage ça peut servir. Théo met les chaussons, c’est partit, il clippe le premier piton puis le second et me regarde : « ça ne va pas être de la limonade ! ». Les prises d’adhérence pour les pieds : à oublier, les bonnes prises sont humides, les petites plateformes en neige ou glace et la neige qui fond ruisselle sur le rocher. Ambiance ambiance. Il continue de grimper, puis se retrouve presque dix mètres au-dessus du 2ème piton, c’est là qu’il vaut mieux ne pas trop réfléchir. Et hop c’est parti : premier pitonnage car l’escalade devient plus dure : tic tic tic, la protection est mise en place, l’escalade continue doucement, moi je me fais parpiner de neige, de glace, d’eau en bas. Il installe une sangle autour d’un rocher pour protéger des pas délicats. Ça n’a pas l’air si facile (5c ?) ! Il retrouve un piton et continue sur plus de 10m et fait un relai sur deux coinceurs, le tirage commençait à rendre plus délicat l’escalade.

A mon tour d’y aller (je mets les grosses dans le sac au cas où), je comprends tout de suite la complexité de l’affaire, les chaussons toujours trempes, adhérence limitée, prises humides, tout ce qui est plat est recouvert de neige : l’escalade est plus difficile que je le pensais surtout dans ces conditions. Cependant le rocher n’est pas froid.

36Oliver dans la face sud du Moine : l’escalade hivernale voilà ce que ça donne !

Je rejoins Théo. Première longueur : 35m avec un relai sur une petite plate-forme qui t’humidifies bien les pieds. Théo repart en allant sur la gauche pour contourner la dalle trop raide au-dessus de nous.

40C’est parti pour la deuxième longueur

Il retrouve un piton, pas délicat, un second piton puis plus rien sur 10m. Il me gueule : « Laisses moi bien du mou, je vais traverser l’autre face (face sud-ouest), ya une vire étroite mais aucune protection, juste un piton au départ ». Ok, je vais faire au mieux. 5 minutes après : « RELAI VACHE ». Je me lance alors dans l’escalade, pas évident (ça doit bien être du 5), tout est mouillé, faut vraiment être concentré, puis j’arrive à la vire, étroite à souhait. « Put…, tout de même ». Presque dix mètres de long, heureusement qu’il y a des prises de main correctes et que la vire est sèche. Ce passage est exposé, chute interdite ! Je rejoins Théo et comprends l’affaire : il vient d’installer un relai sur pitons pour m’assurer, il ne pouvait pas continuer car il y avait trop de tirage. On vient de retrouver l’arête Ouest bien enneigée. Je m’installe plus loin en équilibre sur un relai existant enfoui dans la glace.

41L’arête Ouest impraticable

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Olivier au relai sur l’arête Ouest avant la dernière longueur de l’aiguille du Moine

C’est parti pour la dernière longueur. Théo installe un piton avant la petite dalle, taille des marches dans la dalle recouverte de neige puis escalade le dièdre de sortie (4m) en artificiel sur piton, étrier et coinceur car la fissure est gelée est les appuis de pied impossibles sur les deux côtés du dièdre. Relai vaché.

46Installation d’un piton, le marteau nous aura bien servi

A mon tour, j’enlève le piton, continu jusqu’au pied du dièdre et l’escalade en artif.

53Olivier dépitonne avant la dalle en neige

57Le dièdre de sortie franchit en artif, seule solution ce jour-là

Nous sommes tous les deux au sommet, quelle ambiance ! Nous restons contempler le paysage depuis ce belvédère qui nous aura valu une sérieuse escalade pour le gravir. Nous avons mis 3 heures !

67La vallée de Chaudefour

On tire un rappel (40m) sur la face sud-ouest, l’occasion de revoir plus tranquillement la vire de traversée (L2).

92Le rappel

On rejoint la terrasse de départ, on met les grosses et les crampons et retour au buron de Chaudefour.

99On était là-haut

Le Sancy peut réserver de belles aventures, et une hivernale à l’Aiguille du Moine est à classer dans cette catégorie. L’ascension par la face sud puis ouest peut être cotée D (Difficile) bien que l’ampleur de la course est limitée. Cependant, les conditions hivernales compliquent très nettement l’escalade et augmentent l’engagement car la voie est seulement bornée par quelques pitons. Prévoir coinceurs mécaniques et pitons pour une hivernale. Quoi qu’il en soit, l’itinéraire est intéressant et mérite le détour. L’expérience acquise dans les Ecrins nous aura bien servie ce jour-là.

Après coup nous avons consulté un ancien bout de topo : la voie dite « voie normale » est millésimée 1937 par Aspert et Belin ! Difficulté technique : L1 : V puis III, L2 : IV puis III (vire), L3 : V-. Autant dire que les cotations sont un peu sèches, plutôt 5c à mon avis de nos jours (sur pitons uniquement).

Olivier et Théo

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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 21:53

Un temps clément est annoncé pendant 2 jours, une opportunité à ne pas rater car depuis le début de l’hiver les occasions se font rares entre le manteau instable et les températures pas toujours favorables. Nuit froide, jour doux, ensoleillé et goulottes formées : tout est réunit pour profiter pleinement d’une bonne journée d’alpinisme. Après un petit détour par le plaquage de glace de la Rancune la semaine passée (dans un temps misérable), nous voulons aller aux goulottes situées vers le Puy de la Perdrix : il y a 2 belles goulottes : la Goulotte Etienne (2 longueurs avec un crux sur 10m en grade IV-IV+) et la goulotte Raie des fesses (3 longueurs avec un crux sur 10m en grade IV, protections aléatoires).

Départ à 8h30, 5cm de fraîche sont tombés dans la nuit, la vallée de Chaudefour est déserte, le soleil éclaire les cimes.

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39Le secteur des goulottes

Nous allons au fond de la vallée, passons en contrebas du Moine, puis nous faisons la trace jusqu’au départ de la goulotte Etienne.

47Au premier plan, l’Aiguille du Moine plâtrée de neige, notre prochain rendez-vous

On s’équipe et Théo part dans la première longueur, je le suis quelques minutes plus tard. Une goulotte de 15m peu difficile à 70° en glace-neige mais les ancrages sont moyens sur une glace assez pauvre. Ce passage permet de se mettre dans l’ambiance, après on parcourt une large pente de neige qui mène à la cascade de glace. La première longueur fait donc un peu près 50m, l’assurage du 1er de cordée peut se faire sur corps mort si nécessaire, le second est assuré sur un relai confectionné sur broches au pied  de la cascade.

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L1 vue du bas et vue du haut

Nous sommes au départ de L2, la longueur clé. La raideur de la cascade annonce la difficulté : grade IV peut-être IV+ sur 10m, enfin c’est une question de chiffre romain, allez hop on s’y jette ! Théo est en-tête, la glace est de bonne qualité mais peu sculptée, c’est plutôt un rideau. Après la pente diminue au fur et à mesure, les difficultés aussi, on se retrouve dans la goulotte en glace. Elle est bien formée, c’est vraiment excellent, environ 30-40m pour rejoindre la sortie.

69Théo au pied de L2 de la goulotte Etienne

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La cascade de glace, grade IV sur 10m puis la goulotte

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83Olivier sort de la goulotte Etienne, on est pas bien là !

Théo a confectionné un relai sur corps mort pour L2. Nous continuons sur la pente de neige jusqu’au sommet.

80dessinPetit topo de la goulotte Etienne (2 longueurs, grade IV pour L2)

La goulotte Etienne est relativement courte, mais il faut compter presque 1h30 de marche pour rejoindre son départ depuis le parking du buron de Chaudefour. C’est un itinéraire vraiment sympa. Ça change des pentes homogènes des couloirs, la difficulté et l’ambiance est un bon cran au-dessus. Elle était en bonne condition pour nous, elle est orientée plein nord.

 

La journée ne fait que commencer, nous rejoignons à nouveau le bas du secteur des goulottes pour cette fois-ci la goulotte La Raie des fesses. C’est plus difficile (grade IV), plus long (3 longueurs), plus engagé (protections aléatoires) que les autres du secteur mais ça à l’air encore plus beau. On espère qu’on aura le niveau requis.

93La Raie des fesses, on aperçoit L1 et L2

Première impression au pied de la cascade qui marque le début de la goulotte, c’est raide !! Départ pour dix mètres en grade IV.

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104L1 : grade IV puis une pente de neige raide (50°) jusqu’au pied du second ressaut

Théo se lance, la glace casse facilement, il doit taper à plusieurs reprises pour avoir des ancrages de piolets sûrs. C’est vrai qu’il est déjà 13h passé, heureusement que la goulotte est plein nord. Ça passe, il fait relai au pied du second ressaut.

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A mon tour, c’est excellent, la glace est assez sculptée pour permettre des crochetages et se reposer lorsque nécessaire. Je rejoins Théo.

La longueur suivante (L2) est vraiment superbe, moins raide mais plus longue, la glace est assez bonne dans l’ensemble mais il faut être prudent lorsque qu’il y a glace et neige mêlées.

111Théo dans L2 : 20-25 m en glace pour grade III puis une pente de neige raide

114Olivier dans la pente de neige après la section en glace de L2

Nous avons fais un relai sur piolet au bout des 50m de corde, c’est pas évident, il n’y a pas de glace à cet endroit et la neige n’est pas très épaisse, le second doit vraiment assurer derrière car la solidité est toute relative.

La troisième longueur présente une section en glace de 10-15m de haut, la première partie n’est pas très raide et se protège bien. Mais la sortie est plus raide, étroite et la glace n’est presque pas formée, on ne réussira pas à brocher donc aucune protection, c’est engagé pour le premier de cordée ce jour-là (relai sur corps mort pour assurer le second de cordée). Nous nous sommes hissé tant bien que mal jusqu’en haut. L3 en image :

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Itinéraires chaudefourPetit topo de la goulotte La Raie des fesses (en bleu), photo de l'hiver 2009


Après 2 heures dans la goulotte, nous sommes à nouveau au sommet. La Raie des fesses est une course « difficile » (cotation D à mon avis), un grade plus élevé que la goulotte Etienne, elle est magnifique. C’est aussi un passage incontournable de la vallée de Chaudefour, sans doute un des plus beaux itinéraires du massif du Sancy, beaucoup moins fréquenté que le Val d’Enfer.

Le soleil est « descendu », c’est le moment d’entamer la descente jusqu’au buron de Chaudefour où la bière nous attend sagement…..pour préparer l’ascension de demain.

Olivier et Théo

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19 avril 2009 7 19 /04 /avril /2009 18:45
Trop tentant ce dimanche de résister à une petite sortie, les conditions s'annonçaient favorables: encore pas mal de neige, températures fraiches et beau temps.

Olivier étant à Gap, je suis partie seul, direction le Val d'Enfer pour faire quelques arêtes, bon plan pour se remettre un peu en forme et préparer une éventuelle course aux Dômes de Miage avec le CAF en mai.

Montée au Puy Redon par les arêtes en montant dans le bois dès le parking des pistes du Mont Dore, les arêtes sont parfois en herbes sur le bas et sur les versants ensoleillés. Le regel est bon et la neige, encore présente en quantité, porte bien. Content d'arriver au sommet du Redon, les jambes tirent un peu, la dernière sortie d'alpi remonte au mois de février.








Puy Redon

Petite contemplation en haut, pas mal de skieur de rando montent par le Val de Coure, un courageux dans l'Y.
Je décide de redescendre le couloir du Val d'Enfer, attention aux chutes de pierre en cette saison, ça parpine pas mal dès que le soleil tape sur les faces rocheuses.




Arête du Redon


Je part ensuite pour remonter l'arête du Pas de l'Ane, elle débute au pied du couloir du même nom et finie au sommet du Pas de l'Ane, belle ambiance, un peu de gaz et surtout quelques passages bien péteux en mixte auvergnat où il ne faut surtout pas de fier aux prises sur la roche, elle est incroyablement mauvaise.





















L'arête du Pas de l'Ane


Je ne sortirais pas au sommet mais à la sortie du couloir, le sommet est au soleil et donc pas en condition à cette date tardive.

Sympa d'être seul dans le Val d'Enfer, les pistes de ski fonctionnent encore, je termine la matinée au Puy de Sancy, rien de technique mais simplement pour le coup d'oeil, c'est toujours aussi beau là haut.











Le Pas de L'Ane


Séquence émotion devant le triste spectacle d'Ice Cream qui se meure en ce mois d'avril
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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 10:47


Les 2 principaux couloirs de la vallée et parmis les plus grands dénivelées possibles.

- Couloir du Ferrand (article) monter à gauche de l'Aiguille du Moine, esquiver ou non la cascade de glace (qui peut être comblée de neige lors de bons hivers)  et continuer dans la pente raide à l'aplomb du sommet du Ferrand. Il existe des variantes, à droite du sommet dans les rochers, qui permettent de ne pas sortir directement au sommet qui est souvent corniché. Le principal danger de ce couloir reste les plaques à vent, il y a souvent de grosses accumulations et le risque d'avalanches est important. Prudence donc.
- Couloir du Moine, il démarre à la droite du Moine et sort sur l'arête droite du Ferrand, pas de grandes difficultés , attention aux plaques à vent. Le final sur l'arête est sympa.



LA goulotte de la vallée, la Raie des Fesses ( cotation D peut-être, cf. article la Raie des fesses) :
     - une première cascade de 10m en grade IV suivie d'une pente de neige (L1= 50m avec relai sur broches au second goulet),
     - une seconde section de 25m en glace en grade II ou III puis une pente de neige très raide (L2=50m avec relai sur piolets)
     - une troisième cascade de 10 -15m en grade III ou III+ peu protégeable et donc engagée, sortie délicate (le jour où nous avons faits la Raie des Fesses): L3 = 40m avec relai sur corps mort (piolet).
Magnifique course de la vallée, difficile, ambiance assurée. La sortie se fait sous le Puy de la Perdrix le long de l'arête.



La goulotte Etienne, orientée plein nord, est située au-dessus de l'Aiguillette, elle est plus courte que la Raie des fesses mais tout aussi jolie:
     - L1 = une goulotte à 70° sur 15m suivie d'une large pente de neige (L1=50m avec relai sur broches au pied de la cascade)
     - L2 = cascade en grade IV voir IV+ sur 10m puis goulotte en glace puis neige sur 40m (relai sur corps mort)
On rejoint le sommet du Puy de la Perdix facilement par l'arête.
Nous avons réalisé cette ascension à l'hiver 2010: topo complet ici.
topo goulotte etienne








Directe Est à la Perdrix
(AD-):
Superbe couloir et belle ambiance. On commence par un rideau de glace dont la hauteur varie en fonction de l'enneigement, une dizaine de mètres à 70-80° puis on continue jusqu'à une arête (L1= 50m avec relai sur corps mort). On enchaîne sur une pente très raide, 50° environ pour arriver au pied d'un ultime ressaut en glace ou neige de 5 à 10 mètres.
La sortie se fait sous le Puy de la Perdrix.
La course est relativement plus facile que la goulotte Etienne et la Raie des Fesses.
Topo complet ici.




























Le Glaçon du Dôme

Escalade en glace très difficile (grade 5+ minimum), difficilement en condition, il faut que le glaçon arrive au sol...
40-50 mètres de glace.
Plus de détails sur SancyAscension























Voie Normale du Dôme

Une cascade de glace en 3 sur presque 30m. La sortie est soit directe dans la pente de neige, soit par un goulet évident en diagonale. Cotation AD.

J'ai réalisé seul cette voie à l'hiver 2013 : topo ICI.















Goulotte Vimal (ou cheminée Vimal)

Voie originale, difficulté estimée à TD.
C'est une goulotte esthétique, technique avec entre autre le franchissement surprenant de 2 blocs coincés. UN MUST!!
Prévoir un minimum de 2 broches, 2 coinceurs, 4 pitons pour protéger l'ascension.
Nous avons réalisé cette course à l'hiver 2010:
Topo complet ici.










goulotte-vimal-mars-2010 8852-copie-1
Voie "Barraud" (à priori) dans le triangle du Dôme

Difficulté estimée à en tenant compte de l'impossibilité de poser des protections (sauf au départ).
La voie débute dans un cône herbeux puis rejoint par une pente très raide le sommet du grand triangle.
2 petits ressauts en glace et une raide goulotte terminale (50m) débouche au même endroit que la sortie de la goulotte Vimal.

Théo a réalisé seul cette voie, j'avais un mollet scalpé.




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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 13:17

Nous partons du parking du buron de Chaudefour en début de matinée (mi-février). L'objectif  est de rejoindre le secteur des goulottes, situé sur le versant nord du Puy de la Perdrix pour tenter l'ascension de La Raie des Fesses. Non ce n'est pas la goulotte au Pic sans Nom on vous rassure, mais une magnifique ligne avec 3 longs ressaults en glace répartis sur un dénivelé d'environ 200 m. C'est parti!

Après une quinzaine de minutes de marche, nous arrivons dans un épais brouillard givrant, aucune visibilité, ce sera comme ça tout le matin. En partagant notre connaissance des lieux et les repérages sur photos, nous décidons de partir dans un vallon à gauche dans la vallée de Chaudefour puis nous mettons le cap dans une pente raide et arrivons sous des contreforts rocheux : "ça doit être ça, c'est surement le premier ressault en glace, Allons-y!"
En fait nous partons dans une voie située à gauche de la goulotte La Raie Des Fesses dont nous ignorons l'existence.

Le début de la voie: un ressaut en glace d'un peu moins de 10m à 60° ce jour-là. On pose juste une broche, on n'est même pas sûr de son utilité vu l'état de la glace, un mixte de neige et de glace pas très solide. Le premier de cordée rejoint alors une sorte de petite arête: assurage sur corps mort du second. Les conditions sont extrêmes dans le ressault en glace où le vent s'engoufre et envoit toute la neige située au-dessus. Les sourcils sont gelés!





                                                
                                           Le premier ressaut de la voie du jour avec un brouillard givrant


Nous continuons sur une large pente qui s'accentue: un bon 50°. Prudence, on est alors sur une énorme accumulation pas super stable. On rejoint alors le pied du deuxième ressaut, plus court. Cependant dans des conditions plus sèches il doit être plus impressionant, on devine un trou sous 1 m de neige à son pied. C'est pas très difficile à priori sauf que le mixte glace-neige est pourri, pas d'accroche. Le premier doit dégager la neige qui recouvre la partie plus stable dessous. Pas moyen de brocher! A nouveau assurage sur corps mort pour le second. C'est finit. Mais où est-on? Après 15 min le soleil pointe son nez, on aperçoit le sommet du Puy de la Perdrix, on suit la crête pour redescendre dans la vallée de Chaudefour dans le secteur de la cascade de la Biche. Et d'un seul coup: grand soleil. Une petite photo devant l'ascension du jour.

 
                                Olivier devant le secteur des goulottes de Chaudefour bien plâtré par la neige


On redescend dans la vallée, l'occasion de croiser un chamois. On monte au pied de la Dent de la Rancune pour aller s'exercer sur le placage de glace après avoir entamer "un morceau" de saucisson et du fromage made in Auvergne. Cependant, la glace est toute fondue. C'est impraticable, l'occasion de contempler le secteur parcouru le matin.


               En rouge: la Directe Est à la Perdrix (celle du jour) et en bleu, la Raie des Fesses pris en photo depuis la Dent de la Rancune


                                                              Le Dôme dans la vallée de Chaudefour


Retour au parking, il est 17h, bonne journée...


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